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Des institutions affiliées au CGRI en quête d'influence en Syrie

Waleed Abou al-Khair au Caire

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L'intellectuel religieux iranien Alireza Arafi, président de l'université internationale Al-Moustafa, rencontre l'ambassadeur iranien en poste à Damas. [Photo fournie par Bashir al-Bassam]

En favorisant fortement la doctrine de Wilayat al-Faqih (Gardien de la jurisprudence) dans les institutions en Syrie, le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) tente d'exercer son contrôle sur la population chiite du pays, expliquent les spécialistes.

Les milices affiliées au CGRI doivent allégeance à l'al-Wali al-Faqih (Gardien de la jurisprudence, l'Ayatollah Khamenei), qui est la seule autorité supérieure au CGRI.

Pour encourager une allégeance similaire dans une large partie de la population syrienne, la doctrine est activement propagée par le biais de diverses institutions religieuses, sociales et éducatives, a expliqué l'avocat Bashir al-Bassam à Diyaruna.

Le président de l'université internationale Al-Moustafa, Cheikh Samer Obeid, participe à une cérémonie à l'université, où les drapeaux du Hezbollah et de l'Iran flottent à côté de celui de l'université. [Photo fournie par Bashir al-Bassam]

Le but est d'élever une nouvelle génération de jeunes Syriens qui jureront fidélité à l'al-Wali al-Faqih et au CGRI, a-t-il poursuivi.

Ces institutions sont disséminées dans toute la Syrie, a continué al-Bassam, et comprennent l'université internationale Al-Mustafa, qui est affiliée à la Force Qods, unité d'élite du CGRI.

« Les étudiants sont formés à accorder une loyauté absolue aux commandants de la Force Qods et reçoivent une formation militaire dans les centres de formation du CGRI en Syrie et en Iran. »

De la même manière, dans le complexe al-Rasoul al-Adham, les étudiants obtiennent leur diplôme après avoir étudié les sciences religieuses, et deviennent des imams dans les mosquées et des intellectuels religieux, a poursuivi al-Bassam.

Sept écoles secondaires et 750 mosquées sont affiliées à ce complexe, en plus de 50 centres de mémorisation du Coran qui délivrent chaque année des diplômes à des milliers d'étudiants syriens, a-t-il encore indiqué.

La coordination avec la Force Qods est assurée par le général de brigade Javad Ghaffari et le général de brigade Majeed Alavi.

Les étudiants qui fréquentent le complexe Sayyidah Ruqayya – un séminaire qui possède des filiales à Damas, Latakia, Homs et Nubl – s'inscrivent comme ils le feraient dans n'importe quelle université et peuvent obtenir un diplôme allant jusqu'à un doctorat.

Des institutions contrôlées par l'Iran

Ces institutions sont en fin de compte contrôlées par le représentant de Khamenei en Syrie, Abou al-Fadl Tabtabai Ashkathari, a précisé al-Bassam.

Ashkathari coordonne les activités directement avec le CGRI et les commandants de la Force Qods pour apporter un soutien moral, logistique et en hommes dans les zones de combat où sont positionnées les unités du CGRI et les milices qui lui sont affiliées, a-t-il ajouté.

Al-Bassam a prévenu que le danger que représentent les tentatives du CGRI pour influencer et contrôler la population syrienne n'est pas moins grand qu'une intervention militaire directe.

« Cette initiative permettra au CGRI de rester en Syrie pendant de nombreuses années en formant une nouvelle génération fidèle à des enseignements religieux dénaturés cherchant à contrôler l'esprit des jeunes Syriens », a-t-il estimé.

Des groupes extrémistes tels que « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) ont utilisé des méthodes similaires pour recruter des milliers de jeunes et les convertir à leur cause, a-t-il indiqué.

« Ce plan favorisera la division sectaire dans la société syrienne, ce qui sera un obstacle à toute tentative de rétablir la cohésion au sein de la population », a-t-il prédit.

Pour atteindre cet objectif, a-t-il ajouté, le CGRI est allé au-delà des régions contrôlées par le régime syrien et a infiltré les zones tribales au travers de ces institutions.

Cette initiative, ainsi que quelques incitations financières, ont réussi à garantir la fidélité de certaines tribus, a-t-il conclu.

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