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2018-08-09

L'armée syrienne bombarde Idlib avant l'assaut

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Des Syriens font leurs courses le 2 août sur un marché de la ville d'Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie. Les troupes du gouvernement ont bombardé la ville le 9 août avant un assaut pour reprendre le dernier bastion de l'opposition dans le pays. [Omar Haj Kadour/AFP]
Des Syriens font leurs courses le 2 août sur un marché de la ville d'Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie. Les troupes du gouvernement ont bombardé la ville le 9 août avant un assaut pour reprendre le dernier bastion de l'opposition dans le pays. [Omar Haj Kadour/AFP]

Les forces du régime syrien ont bombardé jeudi 9 août des positions de l'opposition et des extrémistes dans la province d'Idlib, dans le nord-ouest du pays, tandis que l'ONU a appelé à des négociations urgentes pour éviter « un bain de sang pour les civils » dans le dernier gros bastion de l'opposition en Syrie.

Des hélicoptères du gouvernement ont largué jeudi des tracts sur des villes de la campagne de l'est d'Idlib encourageant les gens à se rendre, a fait savoir un correspondant de l'AFP.

« Nous vous demandons de rejoindre les réconciliations locales, comme l'ont fait beaucoup des nôtres en Syrie », pouvait-on lire sur ces tracts, qui portaient le sceau de l'armée.

Ces accords de reddition prévoient généralement que les groupes de l'opposition rendent des territoires aux troupes gouvernementales, en échange de la fin des bombardements, du rétablissement des institutions de l'État et d'une chance d'intégrer les forces du régime ou d'être évacués de la zone en bus.

Jeudi matin, d'intenses tirs d'artillerie et de roquettes ont frappé les territoires autour de Jisr al-Shughur, une ville importante du sud-ouest de la province, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

« Ce bombardement sert de préparation à un assaut, mais il n'y a pour l'instant pas eu de mouvement sur le terrain », a fait savoir Rami Abdel Rahman, le directeur de cet observatoire.

« Des renforts du régime, incluant de l'équipement, des hommes, des véhicules et des munitions, arrivent depuis mardi », a-t-il rapporté.

Ils ont été répartis sur trois fronts tenus par le régime, y compris dans la province voisine de Latakia à l'ouest de Jisr al-Shughur, dans la plaine de Sahl al-Ghab au sud d'Idlib, et dans une petite partie du sud de la province qui est déjà entre les mains du gouvernement.

Le journal Al-Watan, proche du gouvernement, a également signalé jeudi que des troupes de l'armée avaient bombardé des positions de l'opposition et des extrémistes dans la région.

Idlib, qui échappe au contrôle du régime depuis 2015, se situe à la frontière avec la Turquie, mais elle est par ailleurs presque entièrement entourée de territoires tenus par le gouvernement.

Près de 60 % d'Idlib sont désormais sous le contrôle de l'alliance extrémiste Tahrir al-Sham, le reste étant contrôlé par des factions d'opposition rivales.

L'ONU met en garde contre un « bain de sang » à Idlib

Des négociations doivent avoir lieu de toute urgence pour empêcher « un bain de sang pour les civils » à Idlib, ont déclaré jeudi les Nations unies.

« La guerre ne doit pas atteindre Idlib », a affirmé Jan Egeland, directeur du groupe de travail des Nations unies sur la Syrie, a des journalistes à Genève.

Egeland a déclaré qu'il restait « optimiste » quant aux efforts diplomatiques en cours pour empêcher une offensive terrestre majeure qui forcerait des centaines de milliers de personnes à fuir.

« La situation est mauvaise à l'heure actuelle » à Idlib, a indiqué Egeland. « Elle pourrait être cent fois pire. »

Une opération militaire majeure à Idlib serait un cauchemar humanitaire, car il ne reste aucun territoire de l'opposition en Syrie où les habitants pourraient être évacués, a déclaré Egeland.

« Je ne vois pas d'évacuations vers d'autres régions contrôlées par l'opposition », a-t-il poursuivi, expliquant que des plans de secours étaient en train d'être établis pour répondre à plusieurs scénarios.

Lors de la réunion du groupe de travail jeudi, les ambassadeurs ont discuté d'options pour augmenter l'aide en cas d'un autre déplacement en masse, a rapporté Egeland, notant qu'il « est très difficile d'accueillir d'autres bouches à nourrir et qu'il n'y a pas d'abris [supplémentaires] disponibles » dans la zone.

Egeland a déclaré que la série d'accords de reddition obtenue ailleurs pendant le conflit syrien pourrait être appliquée à Idlib pour sauver des vies civiles.

Des dizaines d'arrestations

Tahrir al-Sham a arrêté dans la province des dizaines de personnalités ayant servi d'intermédiaires avec le régime.

Tôt dans la journée de jeudi, le groupe a appréhendé ces personnalités dans des villages du sud-est d'Idlib, les qualifiant de « chefs de trahison », selon une agence de presse liée à Tahrir al-Sham.

L'observatoire a indiqué avoir documenté plus de 100 arrestations de ce type par l'alliance et les forces rivales rien que cette semaine.

La province d'Idlib compte environ 2,5 millions d'habitants, parmi lesquels des combattants de l'opposition et des civils transférés en masse d'autres territoires tombés dans les mains des troupes syriennes après d'intenses assauts.

Elle a été désignée l'année dernière comme l'une des quatre zones de « désescalade », où la violence devait être réduite en prévision d'un cessez-le-feu dans tout le pays.

C'est la seule de ces zones encore restante, après que les troupes d'Assad ont repris au cours des derniers mois les trois autres zones grâce à des attaques de l'armée et à des accords de « réconciliation ».

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