Sécurité |
2018-07-11

Les civils fuient Daraa face aux craintes de reprise des combats


Des civils syriens déplacés de la province de Daraa cherchent refuge dans la région frontalière de Qunaitra. [Photo fournie par Moussab Assaf]
Des civils syriens déplacés de la province de Daraa cherchent refuge dans la région frontalière de Qunaitra. [Photo fournie par Moussab Assaf]

Trois semaines après que le régime syrien eut lancé son offensive dans le sud, le chaos et la peur règnent dans plusieurs parties de la province de Daraa, ont expliqué des militants locaux.

Les régions du sud de la province connaissent un exode de masse de civils à l'approche des forces du régime, au vu de rapports de pillage généralisé dans la campagne de l'est de Daraa depuis que le régime et ses alliés en ont repris le contrôle, ont-ils ajouté.

L'exode depuis la campagne du sud de Daraa se poursuit alors que les civils craignent une possible reprise des combats, des bombardements et des frappes aériennes, a expliqué à Diyaruna Yasser al-Turkmani, officier de l'Armée syrienne libre (ASL) basé à Daraa.


Jaish al-Ababil, dont les combattants sont ici visibles dans le sud de la Syrie, a rejoint l'Armée du Sud récemment créée. [Photo fournie par Moussab Assaf]

Jaish al-Ababil, dont les combattants sont ici visibles dans le sud de la Syrie, a rejoint l'Armée du Sud récemment créée. [Photo fournie par Moussab Assaf]

Le régime et ses milices alliées sont entrés dans la partie rurale de la province, « notamment dans les villes de Tel Shihab et de Zaizoun », a-t-il poursuivi.

Les civils déplacés ne fuient pas vers une région en particulier, a-t-il ajouté, mais se dirigent vers Qunaitra, Horan et les régions boisées.

Un autre exode a également lieu depuis le bassin de Yarmouk, dans la partie située à ouest de la capitale provinciale de Daraa contrôlée par Jaish Kalid ibn al-Walid, un affilié de « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS), a indiqué al-Turkmani.

Il a estimé qu'au moins 6 000 personnes ont fui les deux régions.

La nouvelle alliance se dit prête à se battre

Les craintes concernant une éruption des combats ont resurgi après qu'une nouvelle alliance, composée de onze factions actives dans la région, eut annoncé sa création sous le nom d'Armée du Sud, a poursuivi al-Turkmani.

Cette alliance reste en dehors des possibilités de réconciliation entre le régime, appuyé par la Russie, et les factions de l'opposition dans les autres parties de la province de Daraa, a-t-il expliqué, et comprend des factions venues des régions orientales de la province après avoir rejeté les efforts de réconciliation.

« L'Armée du Sud a décrété une mobilisation générale en vue du combat », a-t-il ajouté.

Par ailleurs, le militant Jumaa al-Masalma a indiqué à Diyaruna que des pillages à grande échelle de meubles et d'appareils électroménagers s'étaient produits dans certaines parties de la province rurale orientale de Daraa depuis l'arrivée du régime et de ses milices alliées.

Ce type de pillage, connu en Syrie sous le nom de « taafeesh », est observé dans la plupart des zones dont s'est retirée l'opposition, a-t-il ajouté.

À Daraa, cela se produit en particulier dans les villes de Saida et d'Oum al-Mayazin, et dans les localités situées sur la route qui conduit au poste frontière de Nassib.

Al-Masalma a expliqué que ces pillages survenaient après que les habitants eurent fui pour échapper aux frappes aériennes qui visaient leurs villes, et avant qu'ils soient en mesure de rentrer.

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