Politique |
2018-07-09

Début du cessez-le-feu à Daraa


Les Syriens déplacés des villes et des villages de la province de Daraa se préparent à rentrer dans leurs foyers après l'annonce d'un accord de réconciliation. [Photo fournie par Joumaa al-Masalma]
Les Syriens déplacés des villes et des villages de la province de Daraa se préparent à rentrer dans leurs foyers après l'annonce d'un accord de réconciliation. [Photo fournie par Joumaa al-Masalma]

La province méridionale syrienne de Daraa attend la mise en œuvre intégrale d'un accord de cessez-le-feu négocié par la Russie entre les factions de l'opposition présentes dans la région et le régime syrien, a expliqué à Diyaruna un militant sur le terrain.

Cet accord appelle à la déclaration d'un cessez-le-feu permanent et au départ des combattants et des civils qui souhaitent partir vers la province d'Idlib.

Mais les opérations militaires, les frappes aériennes et les bombardements se sont poursuivis dans plusieurs zones durant le week-end, et un accord d'évacuation prévu pour dimanche 8 juillet a été provisoirement suspendu, a indiqué à Diyaruna le militant Joumaa al-Masalma, habitant à Daraa.


Les forces du régime syrien ont repris le poste frontalier de Nassib à la frontière jordanienne vendredi 6 juillet. [Photo fournie par Joumaa al-Masalma]

Les forces du régime syrien ont repris le poste frontalier de Nassib à la frontière jordanienne vendredi 6 juillet. [Photo fournie par Joumaa al-Masalma]

Les affrontements se sont poursuivis dimanche dans la région entre la ville de Daraa et Oum al-Mayazin.

Dimanche, l'opposition a ouvert le feu sur un convoi du régime près d'Oum al-Mayazin, sur la route venant du poste frontalier avec la Jordanie, un incident au cours duquel plusieurs soldats ont été tués, a rapporté le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme Rami Abdel Rahman.

Trois civils ont également été tués lors de frappes aériennes sur Oum al-Mayazin, a-t-il poursuivi, et les forces du régime ont finalement pris le contrôle du village.

« Cette opération militaire sur Oum al-Mayazin a été déclenchée après que des combattants de l'opposition y ont rejeté l'accord », a ajouté Abdel Rahman.

Un civil a également été tué lors d'une frappe aérienne du régime contre la partie de la capitale provinciale de Daraa tenue par l'opposition, a indiqué l'observatoire.

Dimanche dans la soirée, les forces du régime avaient pris le contrôle d'une base aérienne au sud-ouest de Daraa après le retrait des combattants de l'opposition, a précisé l'observatoire.

Retour des civils déplacés en provenance de la frontière

Aux termes de cet accord de cessez-le-feu, les forces du régime devaient se déployer le long de la frontière avec la Jordanie, tandis que les combattants de l'opposition devaient remettre leurs armes lourdes.

Plus de 60 000 civils déplacés, pour l'essentiel des personnes déplacées par les combats à Daraa, reviennent de la région frontalière, a poursuivi l'observatoire.

Il y a seulement « entre 150 et 200 personnes actuellement à la frontière », a indiqué Anders Pederson, coordinateur humanitaire des Nations unies en Jordanie.

« Quelques-unes restent à Qunaitra, préférant attendre avant de rentrer », a indiqué al-Masalma.

Aux termes de cet accord de cessez-le-feu, a-t-il précisé, le régime a garanti la sécurité des civils qui rentrent et le départ des civils et des combattants qui ne souhaitent pas demeurer dans la province septentrionale d'Idlib.

Près de 6 000 souhaitent quitter la région, a-t-il déclaré, soulignant que la plupart de ces combattants candidats au départ sont membres de Tahrir al-Sham et d'autres groupes extrémistes.

Un groupe affilié à « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) qui occupe une petite poche dans le sud-ouest de Daraa est exclu de cet accord de cessez-le-feu.

Plusieurs civils qui cherchent à partir ont été condamnés par contumace et ne comptent pas au nombre des graciés en vertu de cet accord, a déclaré al-Masalma.

Par ailleurs « des groupes d'opposition locaux ont annoncé leur dissolution en préparation à la prochaine étape, lorsque certains joueront un rôle dans la police locale », a-t-il ajouté.

En dépit de tensions continues, a conclu al-Masalma, le calme est revenu dans de nombreuses zones où les groupes armés ont déposé les armes lourdes qu'ils détenaient, en prélude à la mise en œuvre intégrale de l'accord.

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