Terrorisme |
2018-06-11

Nouvelle menace de la part de la plateforme média pro-EIIS al-Wafa


Une photo publiée par l'agence de médias pro-EIIS al-Wafa montre des éléments de « l'État islamique en Irak et en Syrie » lors d'un entraînement au combat. [Photo diffusée sur les réseaux sociaux]
Une photo publiée par l'agence de médias pro-EIIS al-Wafa montre des éléments de « l'État islamique en Irak et en Syrie » lors d'un entraînement au combat. [Photo diffusée sur les réseaux sociaux]

Alors que « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) a été battu en Irak et est en retraite en Syrie, la propagande en ligne prend un caractère d'urgence pour ceux qui cherchent à garder vivace l'idéologie extrémiste du groupe, expliquent des spécialistes à Diyaruna.

Outre les canaux médiatiques « officiels » du groupe, plusieurs organes de médias pro-EIIS s'efforcent de raviver la flamme de l'extrémisme, au premier rang desquels la fondation médiatique al-Wafa.

Les messages publiés et diffusés sous les auspices de cet organe de presse encouragent les partisans à mener des attaques de « loup solitaire » dans le monde entier, désignent certaines cibles, et « corrige » l'idéologie du groupe pour la réaligner avec la vision des fondateurs et des intellectuels de l'EIIS.


Une photo diffusée par la fondation médiatique pro-EIIS al-Wafa, dont la légende appelle les « lions solitaires » à mener des attaques contre les kuffars (les infidèles).

Une photo diffusée par la fondation médiatique pro-EIIS al-Wafa, dont la légende appelle les « lions solitaires » à mener des attaques contre les kuffars (les infidèles).


Une photo diffusée par la fondation médiatique al-Wafa montre la structure du « califat » autoproclamé de l'EIIS. Le groupe a perdu la grande majorité de son « califat » lors de diverses offensives militaires.

Une photo diffusée par la fondation médiatique al-Wafa montre la structure du « califat » autoproclamé de l'EIIS. Le groupe a perdu la grande majorité de son « califat » lors de diverses offensives militaires.

Al-Wafa et ses affiliés en ligne dépendent fortement d'écrits publiés par les érudits extrémistes, de documents graphiques, infographiques et audiovisuels pour faire passer leur message, a expliqué le professeur Hassan Afifi, membre de la faculté des médias de l'université du Caire.

Le but affiché semble être de « regrouper ceux qui souscrivent à l'idéologie de l'EIIS après l'effondrement dans les rangs du groupe », a-t-il précisé à Diyaruna.

Al-Wafa veut attirer les jeunes recrues sur internet, lesquelles seront plus en mesure de défendre l'EIIS sur le terrain des idées maintenant que le groupe se transforme en une insurrection avec moins de batailles militaires et qu'il est face à des défis provenant de concurrents comme al-Qaïda.

De ce fait, a-t-il poursuivi, un EIIS virtuel est plus dangereux maintenant que ne l'était l'EIIS physique, qui s'effondre et ne peut plus que s'appuyer sur quelques bastions.

Ce média cherche à regrouper les combattants déçus par l'EIIS en raison des défaillances perçues dans son idéologie, et ceux qui ont été contraints de fuir la Syrie et l'Irak, a-t-il expliqué.

« Si cette tentative réussissait, nous serions face à un groupe encore plus brutal que l'EIIS lui-même », a estimé Afifi.

La plupart de ce que publie al-Wafa provient de l'agence Amaq de l'EIIS, confirmant « le lien organique existant entre la fondation et le groupe », a-t-il indiqué.

Diffusion de l'idéologie extrémiste

Al-Wafa publie les écrits d'anciens leaders de l'EIIS et les utilise pour montrer comment certains des chefs actuels de l'EIIS, en particulier le service médiatique, se sont écartés de « la méthodologie du Prophète » et de la voie tracée par les fondateurs du groupe.

Al-Wafa semble gagner en popularité parmi les extrémistes, alors qu'un nombre toujours plus grand de partisans de l'EIIS s'interroge sur les raisons des échecs du groupe et que les médias de l'EIIS n'apportent aucune réponse.

Al-Wafa reproche également à certains leaders de l'EIIS leurs décisions concernant des « affaires profanes » telles que la recherche du commerce et des revenus, a expliqué Mazen Zaki, directeur du nouveau département média du Centre égyptien Ibn al-Waleed d'études et de recherches de terrain.

L'organe de presse critique également parfois les décisions liées au combat, a-t-il expliqué à Diyaruna.

Son objectif semble être de « corriger le tir » après les récentes défaites de l'EIIS en Syrie et en Irak, a-t-il indiqué.

Ces défaites ont entraîné la défection de nombreux combattants, qui ont décidé de rejoindre d'autres groupes ou ont temporairement quitté la scène, a expliqué Zaki.

L'agence utilise les mêmes méthodes de diffusion et de communication que celles utilisées par tous les groupes extrémistes, a-t-il ajouté, où des groupes d'individus publient des contenus sur ces canaux et diffusent des documents sur les réseaux sociaux.

Ces documents sont largement diffusés par le biais de l'application Telegram, a-t-il indiqué, la fonction de chat privé crypté de cette application leur évitant d'être identifiés.

L'idéologie extrémiste est pernicieuse et « doit être totalement éradiquée », a affirmé Cheikh Rajeh Sabri, du ministère égyptien des Dotations religieuses.

La manière la plus efficace de lutter contre al-Wafa consiste à réfuter en permanence ce qu'elle publie et y à répondre en permanence par des messages contraires, a-t-il expliqué à Diyaruna.

Les réseaux sociaux et les jeunes peuvent jouer un rôle actif dans la dissémination du type d'idéologie extrémiste violente qu'al-Wafa tente de faire renaître, a conclu Sabri.

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