Criminalité et Justice |

2018-04-16

La mission d'enquête sur les armes chimiques n'est pas entrée à Douma

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Une photo prise le 16 avril montre le siège de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques à La Haye, aux Pays-Bas. [Koen van Weel / ANP / AFP]
Une photo prise le 16 avril montre le siège de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques à La Haye, aux Pays-Bas. [Koen van Weel / ANP / AFP]

La Russie et la Syrie n'ont pas encore autorisé une mission d'enquête de l'organisme de surveillance des armes chimiques à entrer à Douma pour enquêter sur les allégations d'une attaque au gaz toxique, a déclaré l'ambassade britannique à La Haye lundi 16 avril.

La déclatation est intervenue alors que l'Organisation pour l'Interdiction des Armes Chimiques (OIAC) a tenu des discussions d'urgence sur l'attaque chimique présumée, qui a provoqué des frappes aériennes occidentales sur la Syrie samedi.

Le chef de l'OIAC, Ahmet Uzumcu, a déclaré à la réunion à huis clos que ses inspecteurs n'avaient pas réussi à accéder au site, a indiqué l'ambassadeur britannique aux Pays-Bas.

Uzumcu a déclaré que "le régime syrien et les Russes invoquaient des problèmes de sécurité", a déclaré l'ambassadeur Peter Wilson lors d'une conférence de presse.

Les Russes et les Syriens "n'ont pas été en mesure de garantir la sécurité de la délégation pour aller à Douma à ce stade", a ajouté Wilson, affirmant qu'aucun calendrier n'avait été fixé pour le moment où ils pourraient visiter.

L'ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'OIAC, Ken Ward, a exprimé lundi son inquiétude que la Russie ait visité le site et "falsifié" les preuves.

"Nous pensons que les Russes ont peut-être visité le site de l'attaque", a-t-il dit lors des discussions d'urgence. "Nous craignons qu'ils l'aient altérée avec l'intention de contrecarrer les efforts de la mission d'enquête de l'OIAC".

Les pourparlers au siège de l'OIAC interviennent deux jours après une vague de frappes de missiles punitifs en Syrie lancée par les puissances occidentales après l'attaque présumée des armes toxiques du 4 avril à Douma.

L'équipe devait commencer son travail sur le terrain dimanche, mais a rencontré à la place les responsables de son hôtel de Damas, et une interdiction stricte des médias a été imposée à son programme.

Le Kremlin a rejeté les affirmations selon lesquelles la Russie entravait l'accès.

Démantèlement du programme "secret" de la Syrie

Les missiles que les navires de guerre américains, français et britanniques ont tirés sur des installations chimiques soupçonnées samedi ont constitué la plus grande attaque occidentale contre le régime dans la guerre de sept ans.

La Russie n'a pas réussi samedi à obtenir le soutien de l'ONU pour une condamnation des frappes occidentales.

Lors de la réunion de l'OIAC, la France a exhorté les pays à renforcer le travail de l'organisation afin qu'elle puisse démanteler le programme d'armes toxiques "secrètes" de la Syrie.

Suite à de récentes attaques présumées, "nous le savons tous, la Syrie a maintenu un programme chimique secret depuis 2013", a déclaré l'ambassadeur de France, Philippe Lalliot.

"Les faits sont là, et ils défient les mensonges les plus obscènes et les dénégations les plus absurdes", a-t-il dit.

Il a ajouté que la priorité doit être donnée à l'aide de l'OIAC pour "achever le démantèlement du programme syrien".

L'attaque sur Douma, dans laquelle la plupart des experts disent que le chlore et un agent neurotoxique comme le sarin ont été utilisés, a tué au moins 40 personnes, selon les médecins locaux.

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