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2018-04-11

La mort d'un leader de l'EIIS fait apparaître les luttes intestines entre factions rivales en Afghanistan

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Qari Hikmatullah, un haut dirigeant de l'EIIS en Afghanistan tué la semaine dernière lors d'une frappe aérienne, ici sur une photo datée du 5 avril. Sa mort a été « un coup sévère » porté à l'EIIS dans le nord, affirment des responsables afghans et de la coalition. [Photo fournie par l'OTAN]
Qari Hikmatullah, un haut dirigeant de l'EIIS en Afghanistan tué la semaine dernière lors d'une frappe aérienne, ici sur une photo datée du 5 avril. Sa mort a été « un coup sévère » porté à l'EIIS dans le nord, affirment des responsables afghans et de la coalition. [Photo fournie par l'OTAN]

La mort d'un haut commandant de « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) en Afghanistan a révélé les profondes divisions qui existent entre les factions rivales du groupe, et les revers de fortune du groupe dans son ensemble.

Lundi 9 avril, les forces de la coalition ont confirmé avoir tué Qari Hikmatullah -- également appelé Hekmat -- et son garde du corps jeudi 5 avril, dans la province de Faryab.

Des responsables afghans et de la coalition ont précisé que la mort de Hikmatullah était survenue à la suite d'une frappe aérienne américaine précédée de drones afghans qui l'avaient suivi jusqu'à son repaire.

Il est le dernier leader de l'EIIS en date à être tué, montrant le sort qui attend les combattants étrangers venus rejoindre l'EIIS en Afghanistan – une mort certaine de la part des forces gouvernementales afghanes et de la coalition.

Pénurie de dirigeants

Hikmatullah était un « Ouzbek de naissance » qui avait jadis appartenu à d'autres groupes d'activistes, notamment les talibans, avant de rejoindre la branche Khorasan de l'EIIS (EIIS-K) dans le nord de l'Afghanistan, selon le communiqué de l'OTAN.

Il était un dirigeant clé, chargé de canaliser les soutiens extérieurs et les combattants étrangers en provenance d'États d'Asie centrale vers l'Afghanistan, a poursuivi ce communiqué.

Hikmatullah avait été impliqué ou avait été responsable « d'attaques terroristes meurtrières », et a été remplacé par Mawlawi Habib-ul-Rahman, a indiqué samedi le ministère de la Défense afghan.

La nomination de Rahman, un autre Ouzbek ayant entretenu des liens sporadiques avec les talibans, laisse à penser que le groupe éprouve des difficultés à remplacer ses chefs, et est contraint de dépendre de combattants étrangers dont la loyauté est fluctuante, a précisé ce communiqué de l'OTAN.

Cette nomination a immédiatement entraîné des luttes intestines entre trois factions rivales de l'EIIS-K, partagées entre combattants étrangers venus de Syrie et de Tchétchénie, les partisans de Hikmatullah originaires du nord de l'Afghanistan, et les membres afghans de l'EIIS originaires d'autres parties du pays, ont expliqué des responsables du gouvernement local afghan cités par le New York Times.

Les forces gouvernementales afghanes et de la coalition « ont abattu Hikmatullah, et elles abattront tous ses successeurs », a déclaré le général John Nicholson, commandant de la mission Resolute Support de l'OTAN, selon un communiqué de l'OTAN. « [L'EIIS-K] sera éliminé. »

Les forces afghanes et de la coalition ont accentué les frappes aériennes et les offensives terrestres contre les combattants de l'EIIS à Jawzjan au cours des derniers mois, alors que le groupe cherche à étendre sa présence dans le pays.

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