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Les États-Unis expriment leur inquiétude alors que les civils fuient Afrin en Syrie

Waleed Abou al-Khair au Caire et AFP

Des familles fuyant la ville syrienne d'Afrin ont été forcées de dormir dans des champs lors d'un exode chaotique pour fuir les combats dans leur ville. [Photo diffusée sur les réseaux sociaux]

Lundi 19 mars, les États-Unis ont prévenu la Turquie, leur allié de l'OTAN, qu'ils sont « gravement préoccupés » après qu'un assaut mené par la Turquie contre la ville syrienne d'Afrin a déclenché un exode de civils kurdes.

Les forces spéciales des États-Unis continuent d'apporter leur soutien aux Forces démocratiques syriennes (FDS) à l'est de l'Euphrate.

À l'ouest du fleuve, les forces turques et syriennes (Armée syrienne libre) ont lancé leur attaque pour reprendre Afrin à un groupe que le président turc Recep Tayyip Erdogan considère comme aligné avec le groupe kurde hors-la-loi PKK luttant sur le territoire turc.

Heather Nauert, porte-parole du Département d'État des États-Unis, a insisté sur le fait que « les États-Unis n'opèrent pas dans la région du nord-ouest de la Syrie, où se trouve Afrin ».

Un convoi de civils quitte la zone d'Afrin à pied pour échapper aux combats. [Photo diffusée sur les réseaux sociaux]

« Nous restons engagés envers la Turquie, notre allié de l'OTAN, pour inclure leurs légitimes inquiétudes de sécurité. Nous restons également engagés à la campagne 'Battre l'EIIS' et envers nos partenaires des Forces démocratiques syriennes dans l'est de la Syrie », a-t-elle déclaré.

Les FDS ont joué un rôle majeur dans la lutte contre « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIL), chassant le groupe de son bastion principal d'al-Raqqa.

Crise humanitaire

« Il semble que la majeure partie de la population de la ville [d'Afrin], principalement kurde, a évacué les lieux à cause de la menace d'une attaque », a indiqué Nauert.

Elle a ajouté que l'offensive a aggravé la « situation humanitaire dans la région, alors que plusieurs agences de l'ONU font état d'une population de déplacés à Afrin ou provenant d'Afrin qui compte des centaines de milliers de personnes »

Plus de deux cents mille civils ont ainsi quitté leurs maisons dans la zone d'Afrin à cause des combats, qui durent depuis au moins soixante jours, a rapporté Azad Dudeki, responsable du Croissant-Rouge kurde à Afrin.

Les habitants ont commencé à partir par crainte pour leur propre vie après que « des bombardements et des frappes aériennes ont pris pour cible des sites civils comme des hôpitaux et des centres médicaux », a-t-il expliqué à Diyaruna.

« L'exode d'Afrin s'est déroulé de façon désorganisée, sans aucune coordination avec des organisations internationales spécialisées », a-t-il déclaré, ajoutant que près de la moitié de ceux qui ont fui sont toujours dans la nature, sans abri, à l'extérieur, et dorment dans des champs.

À Afrin, la peur est omniprésente, a déclaré Dudeki.

Les forces entrant dans la ville auraient des listes de noms pour poursuivre « ceux qui s'opposent à elles, sont soupçonnés d'avoir combattu contre elles ou sont liés aux forces qui ont défendu la zone », a-t-il déclaré.

Cela va déclencher des divisions religieuses et ethniques qui pourraient avoir des « conséquences très graves » à l'avenir, a-t-il expliqué.

Inquiétudes quant à l'EIIL

Nauert a prévenu que les combats ont détourné l'attention de la lutte contre l'EIIL, qui a selon elle commencé à se « reconstituer dans certaines régions ».

« C'est une inquiétude sérieuse et grandissante », a-t-elle ajouté.

À cause de la situation à Afrin, certains membres kurdes des FDS ont abandonné la lutte contre l'EIIL dans la vallée de l'Euphrate moyen, et se sont dirigés vers l'ouest pour participer aux combats contre la Turquie et les forces alliées à la Turquie.

Le Pentagone a mis en garde que ce déplacement avait créé une ouverture pour les combattants de l'EIIS.

« Il est impératif que nous n'abandonnions pas la lutte contre l'EIIL et que nous ne laissions pas ces terroristes récupérer de leurs pertes sur le terrain », a déclaré le major Adrian Rankine-Galloway, porte-parole du Pentagone.

« Il ne fait aucun doute que, comme il l'a fait par le passé, l'EIIL profitera de chaque occasion pour rebondir en tentant de reprendre les territoires précédemment libérés et en fuyant vers des zones plus permissives », a-t-il fait savoir.

La situation à Afrin a mis fin aux opérations visant à expulser l'EIIS de certaines parties de la Syrie, a expliqué l'officier des FDS Farhad Khoja à Diyaruna.

« Des milliers de combattants qui luttaient contre l'EIIL ont été contraints de se retirer de Deir Ezzor et d'autres régions pour aller à Afrin afin d'y reprendre le combat », a-t-il déclaré.

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