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Droits de l'Homme |

2018-03-14

Début de l'évacuation des blessés et des malades de la Ghouta orientale

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Des enfants malades de la Ghouta orientale sont transférés dans une ambulance pour être transportés vers Damas afin d'y recevoir un traitement. [Photo fournie par le centre de presse de Damas]
Des enfants malades de la Ghouta orientale sont transférés dans une ambulance pour être transportés vers Damas afin d'y recevoir un traitement. [Photo fournie par le centre de presse de Damas]

L'évacuation des Syriens blessés et malades qui nécessitent un traitement urgent, de la Ghouta orientale vers des hôpitaux de Damas, a débuté mardi 13 mars, sous la supervision des Nations unies et du Croissant-Rouge syrien.

Des médecins à l'intérieur de l'enclave ont expliqué à Diyaruna que le premier groupe d'évacués ne comportait que des personnes originaires de Douma, parce que c'est la faction qui contrôle cette ville qui a mené les négociations avec le régime syrien, par l'entremise des Nations unies.

Le Dr Anas Abou Yasser, qui travaille au bureau médical du secteur d'al-Marj dans la Ghouta orientale, a expliqué à Diyaruna que 35 patients, pour la plupart des femmes et des enfants, avaient été évacués de Douma, avec les personnes qui les accompagnent.


L'une des ambulances ayant servi à transporter le premier groupe de malades de la Ghouta orientale à Damas. [Photo fournie par le centre de presse de Damas]

L'une des ambulances ayant servi à transporter le premier groupe de malades de la Ghouta orientale à Damas. [Photo fournie par le centre de presse de Damas]

Ils ont débord été dirigés vers le point de passage d'al-Wafideen, puis de là vers les hôpitaux de Damas, a-t-il confirmé.

« Ce n'était que le premier groupe qui devait quitter la ville en vertu de l'accord parrainé par les Nations unies », a-t-il déclaré, rappelant que cet accord prévoit également l'évacuation de plusieurs cas vers d'autres zones.

« Cette évacuation s'est faite exclusivement en direction de Damas », a-t-il expliqué.

Lundi, les Nations unies ont indiqué que plus de 1 000 personnes, essentiellement des femmes et des enfants, devaient urgemment être évacuées de la Ghouta orientale pour des raisons médicales, a fait savoir l'AFP.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, l'opération de mardi a permis d'évacuer 150 civils de Douma.

Plusieurs dizaines d'autres, tous des civils, devraient être évacués mercredi.

Une liste de 700 noms

Les commissions médicales de Douma ont établi une liste de 700 noms de patients devant être évacués, a poursuivi Abou Yasser.

« Ces listes sont ensuite triées avec le Croissant-Rouge syrien, qui décide de qui sera transporté chaque jour », a-t-il ajouté, soulignant que ce processus de sélection accorde la priorité aux patients souffrant de maladies chroniques.

Les femmes et les enfants auront la priorité, suivis des blessés et des personnes âgées, a-t-il poursuivi.

« Cet accord ne concerne que les blessés et malades civils de la ville de Douma et des zones environnantes, car il a été conclu entre Jaish al-Islam et le régime par l'entremise des Nations unies », a-t-il précisé.

En conséquence, les autres zones ne sont pas couvertes par cet accord, la région se composant désormais de trois secteurs, et Jaish al-Islam ne contrôlant que l'un d'entre eux.

Il n'y a aucune communication entre les commissions de négociations des Nations unies et les groupes qui contrôlent les deux autres secteurs : Harasta, qui est contrôlé par Ahrar al-Sham, et le secteur intermédiaire, contrôlé lui par Failaq al-Rahman.

Un accord distinct a été mis en œuvre dans la Ghouta orientale, demandant l'évacuation de plus de 60 familles coincées dans la ville de Mesraba.

Ces familles ont été transportées vers un complexe sportif dans les zones contrôlées par le régime près de Damas, a poursuivi Abou Yasser.

Soins médicaux d'urgence

Après un an d'attente, Ratib Cheikh Bakri, un amputé syrien, a quitté Douma mardi pour bénéficier d'un traitement médical à Damas, dont il espère qu'il permettra de sauver son autre jambe, a indiqué l'AFP.

Une fois atteint le poste de contrôle d'al-Wafideen tenu par le régime en bordure de cette enclave de l'opposition, cet homme de 56 ans a fondu en larmes.

Amputé de la jambe droite à hauteur de la hanche, cela faisait un an et demi qu'il attendait son évacuation médicale de Douma pour recevoir un traitement pour la jambe gauche.

« Je viens suivre un traitement à Damas avant de perdre aussi mon autre jambe », a-t-il expliqué. Mais ses trois filles et ses deux fils restent bloqués à Douma, sous le siège et les bombardements.

À al-Wafideen, des foules de personnes évacuées sont arrivées à un point de rassemblement improvisé dans une école, beaucoup étant enveloppées dans plusieurs couches de manteaux d'hiver, comme s'ils essayaient d'emporter avec eux autant de vêtements que possible.

Pour ceux qui sont restés, la situation reste difficile.

Quelque 125 000 enfants restent bloqués dans la Ghouta orientale, dont beaucoup souffrent de malnutrition sévère, a mis en garde mardi la haute-commissaire des Nations unies pour les droits de l'homme, Kate Gilmore.

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