Droits de l'Homme |

2018-02-07

Après l'EIIS, les familles irakiennes en quête d'informations sur leurs disparus

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La famille d'une fillette yézidie qui avait été enlevée l'étreint après qu'elle a été sauvée de « l'État islamique en Irak et en Syrie », sur cette photo publiée en ligne le 9 octobre. [Photo extraite de la page Facebook du directeur du Bureau des affaires des yézidis enlevés]
La famille d'une fillette yézidie qui avait été enlevée l'étreint après qu'elle a été sauvée de « l'État islamique en Irak et en Syrie », sur cette photo publiée en ligne le 9 octobre. [Photo extraite de la page Facebook du directeur du Bureau des affaires des yézidis enlevés]

La tristesse a envahi le visage de Laith Majeed, âgé de 30 ans, depuis que son frère aîné a été enlevé par « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS).

Il y a deux ans, a expliqué Majeed à Diyaruna, des éléments de l'EIIS ont enlevé son frère – père de quatre enfants – chez lui, dans le quartier de Somer à Mossoul.

« Mon frère était un ancien policier enlevé par l'EIIS lorsque le groupe terroriste a lancé sa campagne de rapts de responsables de la sécurité », a-t-il ajouté, expliquant que des policiers avaient été enlevés dans plusieurs quartiers et incarcérés dans des prisons secrètes.

L'EIIS soupçonnait ces personnes, a-t-il poursuivi, car il les suspectait de partager des renseignements avec les forces irakiennes concernant ses mouvements et les lieux où le groupe se trouvait.

Majeed a indiqué ne toujours pas savoir « ce qu'il est advenu de mon frère, et s'il est mort ou vivant ».

« S'il est mort, où se trouve son corps ? », a-t-il demandé.

Des milliers de disparus

Les autorités de Ninive s'efforcent de déterminer le nombre exact de personnes disparues. Les estimations font état de 15 000 personnes, dont la plupart travaillaient dans les secteurs publics et de la sécurité, avant que l'EIIS ne s'empare de Mossoul à la mi-2014.

Mais il s'agit d'une estimation plutôt que d'un chiffre précis, a indiqué à Diyaruna Khalaf al-Hadidi, membre du conseil provincial de Ninive.

Mi-janvier, le conseil local a lancé un sérieux effort de création d'une base de données précise de toutes les personnes portées disparues, pour permettre de faire avancer les enquêtes.

« Nous avons mis au point un formulaire comprenant des questions sur l'identité de ces personnes, sur le jour où elles ont disparu, et de nombreuses autres informations les concernant », a-t-il précisé. « Des milliers d'exemplaires ont été imprimés et distribués au public et dans les camps de déplacés. »

Durant la première semaine de cette campagne, le conseil a reçu environ 600 de ces formulaires complétés, a-t-il poursuivi.

« Nous soumettrons le premier lot de noms de personnes disparues au parlement irakien, afin qu'il prenne les mesures nécessaires pour connaître leur sort », a indiqué al-Hadidi.

De nombreux yézidis enlevés par l'EIIS

Depuis que l'EIIS s'est emparé de Sinjar le 3 août 2014, le Bureau des affaires des yézidis enlevés a enregistré l'enlèvement de 6 417 yézidis, dont la moitié est encore portée disparue, a expliqué à Diyaruna Hussain Qaidi, le directeur de ce bureau.

« Sur la base des derniers chiffres dont nous disposons au 23 janvier, quelque 3 250 yézidis, dont une majorité de femmes et d'enfants, ont été libérés des griffes de l'EIIS », a-t-il indiqué.

« Certains ont été libérés dans différentes régions de Syrie, car les terroristes les avaient emmenés lorsqu'ils fuyaient les combats pour la libération des villes irakiennes », a-t-il expliqué. « Mais il reste toujours 3 167 personnes disparues dont nous sommes sans nouvelles. »

« Nous pensons qu'elles se trouvent maintenant dans diverses zones de Syrie encore sous le contrôle de l'EIIS », a-t-il ajouté. « Nous continuerons à les chercher en espérant les retrouver vivantes pour les ramener dans leurs foyers. »

Cheikh Awad Saeed al-Jughaifi, commandant des forces tribales à Haditha, a expliqué que l'EIIS détenait encore de nombreuses personnes dans la province de l'Anbar .

« Nous ne disposons d'aucun chiffre précis sur ces victimes », a-t-il indiqué à Diyaruna, ajoutant qu'il s'agit « sans aucun doute d'un nombre élevé, si l'on en juge par les informations que nous transmettent les familles, qui ne savent toujours rien du sort qui a été réservé à leurs proches ».

Des commissions de travail gouvernementales doivent être mises en place pour retrouver toutes ces personnes disparues et mettre un terme aux souffrances de leurs familles, a-t-il conclu.

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