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Droits de l'Homme |

L'ONU enquête sur une possible utilisation d'armes chimiques par la Syrie

Waleed Abou al-Khair au Caire et AFP

Un jeune de la ville de Saraqeb est traité par une équipe de la défense civile après un récent bombardement par le régime. [Photo fournie par la défense civile syrienne]

Les enquêteurs des Nations unies chargés d'enquêter sur les crimes de guerre ont déclaré mardi 6 février qu'ils enquêtaient sur de récents rapports selon lesquels des armes chimiques ont été employées dans les régions contrôlées par l'opposition en Syrie.

Les habitants vivant à proximité de plusieurs fronts en Syrie ont fait état de bombardements plus intenses par le régime et accusent les forces syriennes d'utiliser des armes chimiques.

La commission d'enquête des Nations unies sur la situation des droits de l'homme en Syrie a indiqué avoir reçu « de nombreux rapports – sur lesquels elle mène l'enquête – selon lesquels des bombes contenant du chlore à usage militaire auraient été utilisées dans les villes de Saraqeb, dans la province d'Idlib, et de Douma, dans la Ghouta orientale ».

Lundi, les États-Unis ont indiqué disposer de « preuves manifestes » de plusieurs attaques au chlore au cours des dernières semaines, notamment dans la Ghouta orientale que contrôle l'opposition.

Des membres de la défense civile syrienne apportent les premiers soins à un homme qu'ils pensent avoir été exposé à des gaz toxiques dans la ville de Saraqeb, dans la province d'Idlib. [Photo fournie par la défense civile syrienne]

Des membres de la défense civile traitent des civils à Saraqeb, dans la province d'Idlib, qui auraient pu être exposés à des gaz toxiques. [Photo fournie par la défense civile syrienne]

Lundi toujours, la Ghouta orientale a été touchée par des frappes aériennes et des tirs d'artillerie du régime, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

Mardi, le bilan s'élevait à 47 morts, a précisé l'observatoire, et à plus de 100 personnes blessées lors de ces frappes.

Les violences se sont accentuées ces dernières semaines dans la Ghouta orientale, où durant ce seul mois, du chlore aurait été employé à deux reprises lors de frappes lancées par le régime ou les forces alliées.

Difficultés respiratoires à Saraqeb

Une troisième accusation d'emploi de gaz toxique est venue de la province d'Idlib, où près d'une dizaine de personnes ont été traitées dimanche pour des difficultés respiratoires après des raids lancés par le régime contre Saraqeb, a précisé l'observatoire.

Mohammad Ghaleb Tannari, médecin dans une ville proche, a indiqué que son hôpital avait traité onze personnes.

« Tous les cas que nous avons reçus présentaient des symptômes correspondant à ceux d'une exposition au gaz de chlore toxique, en particulier une grande fatigue, des difficultés à respirer et une forte toux », a-t-il indiqué à l'AFP.

Dimanche aux alentours de 09h30, le district est de Saraqeb a été bombardé par des hélicoptères des forces du régime, a expliqué à Diyaruna Mohammed al-Khalid, membre du comité de coordination de Saraqeb.

Ces hélicoptères ont largué des bombes barils, et peu après des odeurs toxiques ont envahi l'air, a-t-il expliqué, poussant les habitants à s'éloigner des zones frappées.

Des équipes de la défense civile et des sauveteurs sont arrivés sur place, et « se sont immédiatement rendu compte que des gaz toxiques – vraisemblablement du phosphore et du chlore – avaient été utilisés », a-t-il ajouté.

Selon la défense civile, douze cas de symptômes de suffocation ont été enregistrés, neuf civils et trois membres de la défense civile souffrant de difficultés respiratoires.

Ils ont été traités sur place à l'aide de masques à oxygène et ont été lavés, avant d'être transportés vers des centres médicaux locaux pour qu'il soit traité et placé en observation.

Projet de déclaration non adopté

Les États-Unis et la Russie se sont affrontés lundi lors de la réunion du Conseil de sécurité des Nations unies au sujet d'une initiative de Washington visant à condamner ces attaques au chlore en Syrie.

Les États-Unis ont proposé un projet de déclaration condamnent l'emploi d'armes chimiques, mais la Russie, alliée du régime syrien, y a alors ajouté des amendements ne faisant aucune mention de l'attaque d'Idlib, selon un projet de rapport qu'a pu consulter l'AFP.

Au final, aucune déclaration n'a été adoptée.

L'ONU a découvert que le régime syrien avait mené des attaques au gaz de chlore en 2014 et 2015, et avait également fait usage de gaz sarin contre une ville de la province d'Idlib.

Le régime syrien a nié avoir eu recours à des armes chimiques durant les sept années de guerre dans le pays.

Par ailleurs, Saraqeb et d'autres villes et villages de la province d'Idlib ressemblent à des villes fantômes, a déclaré al-Khalid à Diyaruna, du fait de l'intensité des frappes et des bombardements durant les quatre derniers jours.

Dans la ville d'Idlib, plusieurs quartiers résidentiels ont subi des bombardements intenses qui ont détruit les bâtiments, et des frappes aériennes qui ont mis l'hôpital hors service.

Ont également été touchées les villes de Bidama, al-Hobaitt, al-Tamana, Maaret al-Numan et Kafr Nabl, a-t-il ajouté, soulignant que des dizaines de personnes ont été tuées et blessées lors de ces intenses bombardements.

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