Éducation |
2018-01-10

Les écoles d'Idlib fermées pour la sécurité des élèves


Des élèves assistent à leurs cours dans une école de la province d'Idlib. [Photo fournie par Tawfiq Awwad]
Des élèves assistent à leurs cours dans une école de la province d'Idlib. [Photo fournie par Tawfiq Awwad]

Les écoles ont été fermées dans la plupart des régions de la province d'Idlib en raison de la fragile situation sécuritaire et par peur qu'elles ne soient bombardées ou prises pour cibles par des frappes aériennes alors que les combats se poursuivent dans les zones périphériques de la ville.

Les combats continuent de faire rage entre des groupes de l'opposition armée – dont certaines factions extrémistes – et le régime syrien et ses alliés.

Face à l'intensification des combats, la Direction de l'éducation d'Idlib a publié un décret demandant aux institutions éducatives de suspendre leurs activités, a expliqué Tawfiq Awwad, enseignant et responsable de la Direction.


Les portes d'une école de la Direction de l'éducation dans la province rurale d'Idlib restent fermées. Les écoles de la province ont reçu pour consigne de ne pas ouvrir leurs portes alors que les combats s'intensifient, par peur pour la sécurité de leurs élèves. [Photo fournie par Tawfiq Awwad]

Les portes d'une école de la Direction de l'éducation dans la province rurale d'Idlib restent fermées. Les écoles de la province ont reçu pour consigne de ne pas ouvrir leurs portes alors que les combats s'intensifient, par peur pour la sécurité de leurs élèves. [Photo fournie par Tawfiq Awwad]

« Cette décision s'applique en particulier aux régions d'Abou Duhour, de Khan Sheikhoun et de Marea, proches des zones de combat », a-t-il précisé, « car les élèves qui fréquentent ces écoles risquent réellement d'être blessés par des bombardements ou des frappes aériennes ».

Mais la réalité est que cela fait quelque temps que le processus d'éducation a été interrompu, a-t-il expliqué à Diyaruna, car la plupart des habitants de ces zones sont partis ou évitent d'envoyer leurs enfants à l'école pour des raisons de sécurité.

Le processus d'éducation a également été suspendu dans d'autres parties de la province d'Idlib, a-t-il souligné, ajoutant que seules quelques écoles restent ouvertes dans les parties occidentales de la province, car elles se trouvent relativement éloignées des combats.

Un système d'éducation paralysé

Awwad s'est moqué de l'insistance de Direction à organiser les examens trimestriels dans les écoles qui restent ouvertes, expliquant à Diyaruna que cette décision avait été accueillie par une forte opposition de la part des personnels enseignants.

La Direction a toutefois insisté sur le fait de les organiser, quand bien même seules dix d'entre elles sont en mesure de le faire, a-t-il expliqué.

« Poursuivre le processus d'éducation dans certaines écoles et pas dans d'autres créerait une différence de niveau entre les élèves du même âge et des mêmes classes », a poursuivi Awwad.

« De même, les élèves ne pourraient se concentrer, ce qui irait à l'encontre du principe même de ces examens », a-t-il ajouté.

Plusieurs écoles de la ville d'Idlib et des zones environnantes sont désormais des abris pour les personnes déplacées des zones tombées entre les mains du régime et de ses alliés, ou des zones adjacentes.

Le processus d'éducation d'Idlib a connu un déclin sévère pendant des mois en raison d'un manque de soutien, a expliqué Awwad, ce qui a eu pour conséquence une baisse importante du nombre d'enseignants et de bénévoles.

Des enseignants non payés et apeurés

Nombreux sont les professeurs à ne plus enseigner par suite du non-paiement de leur salaire depuis plusieurs mois, a-t-il ajouté, et le nombre de bénévoles a baissé de manière significative.

Cela est en grande partie dû à l'absence d'organisations internationales d'aide humanitaire, auxquelles Tahrir al-Sham a interdit de travailler dans la région, a-t-il expliqué.

Depuis que cette alliance extrémiste a pris le contrôle des zones situées en dehors du contrôle du régime, les déplacements sont dangereux pour les volontaires, a-t-il poursuivi.

Tahrir al-Sham, dominé par l'ancien Front al-Nosra (FAN), a lui-même « interdit à un grand nombre de bénévoles de travailler comme enseignants en raison de leur opposition à l'alliance », a ajouté Awwad.

L'alliance a contraint les volontaires et les enseignants qui souhaitent conserver leur profession à suivre une formation et des cours de « charia » pour pouvoir continuer à enseigner dans les écoles de la région, a-t-il expliqué.

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