Terrorisme |
2017-11-14

Daech resserre son étreinte sur plusieurs sections du camp de Yarmouk

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Un groupe d'habitants âgés sont évacués du camp de réfugiés de Yarmouk à Damas par le Croissant-Rouge. [Photo fournie par Bahaa al-Sahli]
Un groupe d'habitants âgés sont évacués du camp de réfugiés de Yarmouk à Damas par le Croissant-Rouge. [Photo fournie par Bahaa al-Sahli]

Les habitants des quartiers ouest de Yarmouk, un camp de réfugiés palestiniens situé dans les faubourgs de Damas, souffrent d'un siège imposé par « l'État islamique » (Daech), expliquent des militants à Diyaruna.

Le groupe avait imposé un siège partiel le 14 septembre sous prétexte d'évincer son rival Tahrir al-Sham, une alliance dominée par l'ancien Front al-Nosra (FAN), a expliqué Bahaa al-Sahli, militant et habitant de Yarmouk.

« Il s'est transformé en siège complet il y a deux semaines », a-t-il précisé à Diyaruna.


« L'État islamique » a imposé un siège aux zones résidentielles dans la partie occidentale du camp de Yarmouk. [Photo fournie par Bahaa al-Sahli]

« L'État islamique » a imposé un siège aux zones résidentielles dans la partie occidentale du camp de Yarmouk. [Photo fournie par Bahaa al-Sahli]

Ce siège avait été imposé après que les habitants ont refusé d'obéir aux ordres de Daech concernant la conscription des hommes et des jeunes dans ses rangs et n'ont pas respecté le code vestimentaire imposé et les changements dans les programmes scolaires.

Près de 40 000 personnes sont affectées par ce siège, a-t-il précisé, qui concerne les districts de la 15e rue, de la 30e rue, la rue Aïn al-Ghazal, le quartier d'al-Rija, la rue Haïfa et la rue Saffouriya.

« Des éléments de Daech se sont positionnés aux alentours de ces quartiers et y empêchent tout déplacement », a-t-il expliqué, ajoutant qu'une cinquantaine d'habitants ont été arrêtés pour avoir tenté de transporter de l'eau, de la nourriture et des médicaments depuis la ville voisine de Yalda.

L'éducation menacée

Al-Sahli a indiqué que ce siège empêchait des enfants d'aller à l'école à Yalda.

Selon des articles parus dans la presse locale, des éléments de Daech ont menacé les élèves et leurs enseignants de punitions s'ils se rendaient dans des écoles en dehors du camp.

« Deux écoles de la zone assiégée ont été fermées il y a quelque temps alors qu'elles préparaient la nouvelle année scolaire, en raison du manque de professeurs, qui viennent d'autres parties du camp », a poursuivi al-Sahli.

« Les conditions sanitaires dans la zone assiégée sont très mauvaises à cause du manque de produits alimentaires de base et de médicaments et vaccins vitaux », a indiqué Naji al-Amer, infirmier à l'hôpital al-Basel dans le camp de Yarmouk avant qu'il ne soit pris par Daech.

Plus de 200 décès ont été enregistrés en raison du manque de soins médicaux, a-t-il rapporté à Diyaruna, ajoutant qu'il restait très peu de professionnels de santé depuis que les hôpitaux et les cliniques ont été détruits lors des combats en cours.

« La dernière victime en date de ce manque de suivi médical a été Shehada Mohammed Rajeh, qui est mort le 4 novembre », a-t-il indiqué, un jour seulement après la mort d'un nouveau-né à cause d'une pénurie d'oxygène.

Le 1er novembre, une fillette âgée d'un an est décédée d'un arrêt cardiaque après avoir souffert de convulsions et d'hypoxie, a encore ajouté al-Amer.

Appels à l'aide

Des appels ont été lancés aux missions internationales, notamment au Croissant-Rouge arabe syrien et au Comité international de la Croix-Rouge, pour obtenir des fournitures médicales ou évacuer les cas urgents, a poursuivi al-Amer.

« Mais [Daech] n'a pas transigé et a refusé de laisser entrer tout convoi médical », a-t-il regretté.

Après de longues négociations, le Croissant-Rouge a pu évacuer en début de mois 23 personnes âgées et femmes enceintes de la zone assiégée qui nécessitaient une intervention médicale d'urgence, a-t-il poursuivi.

Majid al-Homsi, professeur à la retraite originaire d'al-Raqqa et habitant du camp, a expliqué à Diyaruna que la situation à l'intérieur du camp était intolérable.

« Il n'y a pas d'électricité, pas d'eau, rien à manger, et les enfants sont privés de leur droit le plus basique à l'éducation », a-t-il poursuivi.

La zone est en ruine après les combats sans fin et les bombardements, a-t-il indiqué, ajoutant que des snipers de Daech sont positionnés autour du camp.

Al-Homsi a par ailleurs expliqué que beaucoup d'habitants du camp avaient disparu en tentant de sortir de la zone pour aller chercher de la nourriture, de l'eau et des médicaments.

« Il arrive souvent que les éléments du groupe les arrêtent ou ouvrent le feu sur eux, et leurs corps se trouvent encore à l'extérieur du camp », a-t-il expliqué, ajoutant que certains avaient été tués par des mines posées par Daech alors qu'ils tentaient de s'enfuir.

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