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Droits de la Femme |

La police de Ninive va recruter davantage de femmes

Par Khalid al-Taie

Une policière irakienne salue lors d'une cérémonie organisée en avril 2016. [Photo extraite de la page Facebook de la Commission des femmes du ministère de l'Intérieur]

Dans les jours qui viennent, la police de Ninive va accueillir plus de femmes dans ses rangs.

Cette décision, approuvée par le ministère irakien de l'Intérieur, s'inscrit dans le cadre d'un effort visant à instaurer la sécurité dans la province après la défaite de « l'État islamique » (Daech).

L'idée d'inciter plus de femmes à rejoindre les forces de police n'est certes pas nouvelle, a expliqué à Diyaruna le général de brigade Watheq al-Hamdani, chef de la police de Ninive.

« Mais nous tentons aujourd'hui de la mettre en pratique sur le terrain, en instaurant un programme spécial qui permettra de diplômer des policières compétentes », a-t-il poursuivi.

Cette tâche sera confiée à la police de Ninive, a-t-il ajouté ; elle comportera des cours de formation pour les recrues féminines dispensés par des instructeurs irakiens et étrangers.

Multiplicité des rôles pour les policières

Les forces de police pâtissent d'un manque de personnel féminin, a continué al-Hamdani.

« Nous ne comptons actuellement que 24 femmes dans les rangs de la police », a-t-il indiqué, ajoutant que « nous avons besoin d'un minimum de 100 policières ».

« Nous avons un besoin urgent de femmes policières formées à surveiller les femmes qui pénètrent dans des institutions gouvernementales », a-t-il précisé.

Les femmes peuvent également être formées pour surveiller les réseaux de criminelles et de femmes liées à Daech, et pour faciliter leur arrestation, a-t-il ajouté.

Nous avons besoin de femmes dans d'autres secteurs des services de police, comme les services de la nationalité, des passeports et de la circulation, a-t-il poursuivi, ainsi que dans l'administration des prisons et la surveillance de l'application des droits de l'Homme.

« Nous manquons sérieusement de femmes dans le maintien de la sécurité », a expliqué pour sa part Hassan Shabib, membre de la commission pour la sécurité du conseil provincial de Ninive.

« Toute initiative visant à renforcer cette participation sera positive et bienvenue, car elle aura une incidence positive sur la sécurité de nos villes et sur la protection de nos citoyens », a-t-il expliqué à Diyaruna.

Avant l'occupation de Mossoul par Daech, des femmes servaient dans le Service de protection des installations, qui est chargé d'assurer la protection des bâtiments gouvernementaux irakiens, de leurs installations et de leur personnel.

« Aujourd'hui, après la libération de Mossoul, leur nombre doit être renforcé et leur participation dans la défense de leur pays doit être élargie », a ajouté Shabib.

Combattre l'idéologie de Daech

Il est nécessaire de mieux sensibiliser à l'importance de la présence des femmes dans la police, pour qu'elles contribuent à mettre en place et à maintenir la sécurité, a poursuivi Shabib.

« Les femmes ont prouvé avec succès leurs compétences dans de nombreux domaines et de nombreuses fonctions », a estimé Jassim Hanoun, spécialiste de la sécurité, pour Diyaruna.

Elles assurent actuellement des services de police et de sécurité essentiels autour de plusieurs installations gouvernementales, notamment les services de renseignements, des affaires civiles et des communications, a-t-il précisé.

« Il est donc nécessaire d'augmenter le nombre de membres du personnel féminin dans la police de Ninive et de s'appuyer davantage sur leurs compétences », a-t-il ajouté.

« Leur participation effective, en particulier maintenant que la province sort à peine d'une sombre période terroriste, est primordiale pour renforcer l'effort sécuritaire et lutter contre les activités terroristes », a-t-il affirmé.

Cette participation pourrait aider à « suivre et poursuivre les femmes terroristes, suivre celles qui ont été influencées par l'idéologie de Daech, et combattre les crimes sociaux et la violence domestique », a conclu Hanoun.

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