Politique |
2017-08-29

Réouverture d'un point de passage entre l'Irak et l'Arabie saoudite 27 ans après sa fermeture

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Des pèlerins irakiens en partance pour La Mecque franchissent le poste frontalier d'Arar entre l'Arabie saoudite et l'Irak. [Photo fournie par la police de l'Anbar]
Des pèlerins irakiens en partance pour La Mecque franchissent le poste frontalier d'Arar entre l'Arabie saoudite et l'Irak. [Photo fournie par la police de l'Anbar]

Dans le cadre d'une initiative plus large visant à resserrer leurs liens, l'Irak et l'Arabie saoudite ont rouvert le poste frontalier d'Arar, 27 ans après sa fermeture, marquant une étape significative dans le rapprochement entre les deux pays, expliquent des spécialistes à Diyaruna.

Ce poste frontalier avait rouvert de manière temporaire le 8 août, comme il le faisait chaque année, pour permettre aux Irakiens faisant le pèlerinage à La Mecque de passer.

Cette année toutefois, le passage restera ouvert, la réouverture officielle permanente étant prévue pour la première semaine de septembre.


Des pèlerins irakiens franchissent la frontière à Arar pour effectuer le hadj en Arabie saoudite. La réouverture définitive de ce point de passage frontalier est prévue en septembre. [Photo fournie par la police de l'Anbar]

Des pèlerins irakiens franchissent la frontière à Arar pour effectuer le hadj en Arabie saoudite. La réouverture définitive de ce point de passage frontalier est prévue en septembre. [Photo fournie par la police de l'Anbar]

La réouverture de ce point de passage avait été orchestrée dans l'Anbar, à l'occasion de visites entre des responsables des deux pays et dans le cadre d'un rapprochement politique entre l'Irak et le royaume, grâce à un accent mis sur leurs intérêts communs.

Importants débouchés commerciaux

La réouverture de cette frontière terrestre est une mesure significative qui reflète les priorités de politique étrangère de l'Irak, a déclaré Fahad Mishaan, membre de la commission économique du conseil provincial de l'Anbar.

« Outre les avantages économiques significatifs liés à la réouverture de ce point de passage, il constitue l'unique point d'accès terrestre spécialement utilisé pour le transport de marchandises commerciales et de services entre les deux pays », a-t-il déclaré à Diyaruna.

Cela encouragera les échanges économiques entre l'Irak et l'Arabie saoudite.

« Les produits saoudiens sont très demandés par les consommateurs irakiens, ce qui fait de ce point de passage l'un des points d'entrée et l'une des plateformes d'importation les plus importants pour l'Irak », a-t-il précisé.

Le gouvernement fédéral de Bagdad tirera des revenus importants des droits de douane et des taxes prélevés sur ce passage, a ajouté Mishaan.

Bien que ce poste-frontière relève de l'autorité du gouvernement fédéral, la loi permet le transfert de 35 à 40 % de ses recettes au gouvernement local, a-t-il souligné.

Cela permettra d'engager davantage de dépenses publiques dans l'Anbar, à un moment où la province a grandement besoin de ressources financières pour sa reconstruction.

Gestion des préoccupations sécuritaires

Ce poste-frontière se trouve sur la route internationale vers Bagdad, qui traverse le cœur du désert de l'Anbar, où « l'État islamique » (Daech) a monté de nombreuses embuscades et attaques.

« Si une unité supplémentaire est mobilisée pour sécuriser la route qui mène à ce poste frontalier, elle sera sûre à 100 % », a expliqué à Diyaruna Naeem al-Koud, membre du conseil provincial de l'Anbar, soulignant que les convois de pèlerins irakiens l'ont empruntée sans incident.

Pour veiller à ce que la sécurité soit maintenue, a-t-il expliqué, un plan de sécurité prévoyant un déploiement militaire permanent devrait être mis en place pour sécuriser à la fois la route et le passage frontalier.

« Nous ne voulons pas imputer à la seule police de l'Anbar la responsabilité de la route internationale [menant au poste-frontière] », a-t-il déclaré. « Le ministère de l'Intérieur devrait fournir une force spéciale pour protéger les routes extérieures, et nous espérons fournir une brigade de protection des frontières pour sécuriser le point de passage. »

Bagdad a montré qu'il prend très au sérieux la réouverture de cette frontière en octroyant des forces de sécurité supplémentaires pour en assurer la sécurité, ainsi que celle de la route menant à Bagdad, a expliqué à Diyaruna Falih al-Issawi, membre du conseil provincial de l'Anbar.

« La route est assez sûre pour débuter l'activité commerciale et le passage de marchandises », a-t-il poursuivi.

Réduire l'influence de l'Iran

Par ailleurs, alors que le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) a exploité par le passé les tensions entre l'Irak et l'Arabie saoudite pour étendre son influence en Irak en formant des milices, la réouverture de ce poste-frontière est un moyen de réduire cette influence, expliquent les spécialistes.

La réouverture du poste frontalier d'Arar est un signe que ces tensions s'atténuent, l'Irak et l'Arabie saoudite étant parvenus à un accord politique et à une convergence des stratégies, a expliqué le major général Mansour al-Shehri, officier de l'armée saoudienne à la retraite et attaché militaire.

Cette réouverture montre la volonté et la détermination des deux pays à restaurer la dimension stratégique de leur relation, a-t-il précisé à Al-Mashareq.

Le chevauchement de la structure géographique et sociale présage les excellentes relations qui semblent émerger maintenant, a-t-il ajouté, tout comme l'engagement commun à lutter contre le terrorisme.

Le bourgeonnement des activités commerciales permettra également d'atténuer l'influence du CGRI, a-t-il poursuivi, car les échanges commerciaux peuvent revigorer les régions saoudiennes et irakiennes situées le long de la frontière, et renforcer les liens entre les deux pays.

Notamment, a-t-il précisé, l'amélioration des liens tribaux et sociaux permettra de briser le climat d'hégémonie iranienne en Irak.

« Les premiers signes de coopération en matière de sécurité sont déjà visibles dans la coordination de la sécurité au poste-frontière des deux côtés pour protéger les routes menant au site », a-t-il conclu.

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