Irak : Mise en place de programmes pour les enfants yézidis repris à Daech


Le 6 juillet à Mossoul, les forces irakiennes ont retrouvé ces deux enfants yézidis, Dalia et Samar, qui avaient été enlevés par « l'État islamique » lorsque le groupe s'était emparé de Sinjar en 2014. Tous deux ont été remis à leurs parents. [Photo fournie par le ministère irakien de la Défense]

Le 6 juillet à Mossoul, les forces irakiennes ont retrouvé ces deux enfants yézidis, Dalia et Samar, qui avaient été enlevés par « l'État islamique » lorsque le groupe s'était emparé de Sinjar en 2014. Tous deux ont été remis à leurs parents. [Photo fournie par le ministère irakien de la Défense]

  • + AJOUTER UN COMMENTAIRE
  • Imprimer cet article
  • Augmenter Réduire

Depuis que les forces irakiennes ont chassé « l'État islamique » (Daech) de Mossoul, de nouvelles preuves des abus commis sur des enfants yézidis apparaissent chaque jour.

Daech avait enlevé des milliers de femmes et d'enfants yézidis lorsqu'il avait envahi Sinjar en août 2014, notamment deux enfants connus seulement par leurs prénoms, Dalia et Samar.

Tous deux avaient été enlevés et vendus d'une personne à une autre avant que les forces de sécurité les retrouvent à Mossoul le 6 juillet et puissent les remettre à leurs parents.

Mais ces enfants ont un besoin urgent de suivi psychologique, parce qu'ils ont totalement oublié leur langue maternelle et n'ont aucun souvenir de leur vie avant leur enlèvement.

Le ministère du Travail et des Affaires sociales souhaite assurer « un environnement sûr et propice » à tous les enfants retrouvés par les forces de sécurité, a indiqué Abeer Jalabi, directrice de l'Autorité de protection des femmes et des enfants.

« Durant toute la période qu'a duré leur enlèvement, ils ont connu des vies difficiles et ils doivent maintenant faire l'objet d'un suivi spécifique », a-t-elle expliqué à Diyaruna.

« Nous travaillons à mettre en place des programmes de réinsertion standard de soutien psychosocial pour recréer des vies normales pour ces enfants », a-t-elle poursuivi, soulignant que tous les enfants victimes d'abus sont traités dans une perspective humanitaire.

Le 24 juillet, le gouvernement irakien a annoncé avoir mis en place un programme d'urgence pour le suivi des enfants de parents inconnus retrouvés à Mossoul.

Jalabi a souligné que ce programme inclut tous les enfants, y compris yézidis, et a précisé que le ministère avait équipé les orphelinats pour qu'ils puissent les recevoir des mains des forces de sécurité et leur dispenser les soins nécessaires jusqu'à ce que leurs familles viennent les récupérer.

« Quant aux enfants non identifiés, ils seront placés en orphelinats et recevront tous les services d'hébergement et d'enseignement dont bénéficient les autres orphelins », a-t-elle ajouté.

Les yézidis ont besoin du soutien du gouvernement

Selon les derniers chiffres publiés le 2 août par la Direction des affaires yézidies au ministère des Dotations de la région kurde, le nombre d'enfants yézidis ayant survécu depuis l'occupation de Sinjar par Daech s'élève à ce jour à 1 655.

Mais le sort de 3 325 personnes enlevées, pour l'essentiel des femmes et des enfants, reste inconnu.

L'attaque contre la ville a également fait 2 745 orphelins parmi les enfants yézidis, indiquent ces chiffres.

Haji Kendor, député irakien représentant la communauté yézidie, a expliqué à Diyaruna que les survivants yézidis, en particulier les enfants, avaient besoin du soutien du gouvernement.

« Le désastre terroriste dont ils ont été les victimes a été immense et de grands efforts sont aujourd'hui nécessaires pour en annuler les effets », a-t-il déclaré.

« Des centres spéciaux et des cliniques spécialisées doivent être ouverts pour traiter les femmes et les enfants yézidis », a-t-il poursuivi, soulignant que ces victimes auront besoin d'une aide psychologique pour surmonter cette expérience et retrouver la confiance en soi, a-t-il ajouté

« Nous sommes face à un lourd héritage de crimes terroristes qui ne peuvent être traités qu'au moyen d'un plan complet et de long terme », a-t-il encore indiqué.

« Nous n'avons pas encore enregistré le retour de femmes yézidies revenues de captivité terroriste en compagnie d'un ou de plusieurs enfants », a-t-il ajouté.

« Nous avons entendu dire par de nombreuses survivantes yézidies qu'elles prenaient des pilules contraceptives sur l'ordre de leurs violeurs terroristes afin qu'elles n'aient pas d'enfants », a indiqué pour sa part Khadida Khalaf Eido, représentant des yézidis au conseil provincial de Ninive.

« La communauté yézidie se tient aux côtés des femmes yézidies victimes de viols, et l'autorité religieuse yézidie Baba Sheikh a demandé à ce que ces femmes soient traitées avec le plus grand respect », a-t-il expliqué à Diyaruna, ajoutant que nombre d'entre elles avaient depuis lors épousé des hommes yézidis.

AJOUTER UN COMMENTAIRE (Politique Commentaire) * INDIQUE CHAMP NÉCESSAIRE

* INDIQUE CHAMP NÉCESSAIRE

Test