http://diyaruna.com/fr/articles/cnmi_di/features/2017/07/31/feature-01?di_exp_001=true&locale_switch_001=true

×
×

Terrorisme |

Un ancien membre du régime rejoint les forces du CGRI dans le désert syrien

Par Waleed Abou al-Khair au Caire

Se connecter via Twitter Se connecter via Facebook

Des éléments de la brigade Imam al-Baqir, qui constitue la base de la nouvelle milice syrienne d'al-Hashd combattant au côté du régime et du CGRI dans la région de Badiya, posent pour une photo. [Photo diffusée sur les réseaux sociaux]

Le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) a mis en place une nouvelle milice tribale dans la région désertique du sud-est de la Syrie, dans le cadre d'une tentative de prise de contrôle de la zone des trois frontières, ont indiqué des militants syriens à Diyaruna.

Cette nouvelle milice tribale soutiendra les opérations militaires du régime syrien dans la région de Badiya, qui s'étend des abords de Damas jusqu'aux frontières de la Jordanie et de l'Irak.

Ces opérations sont menées avec le soutien de milices affiliées au CGRI, comme le Hezbollah libanais et la Brigade Fatemiyoun, qui compte des Afghans dans ses rangs.

Omar al-Hussein, aussi appelé « al-Haj Baqir », qui commande la brigade Imam al-Baqir, fait également office de chef militaire de la nouvelle force de mobilisation tribale syrienne soutenue par le CGRI. [Photo diffusée sur les réseaux sociaux]

Cheikh Nawaf al-Bashir (à droite) et al-Haj Baqir en route vers Beyrouth pour y rencontrer des responsables du Hezbollah et du CGRI et signer l'accord final sur la création de la nouvelle force syrienne al-Hashd. [Photo diffusée sur les réseaux sociaux]

L'un des objectifs spécifiques du CGRI et de ses affiliés semble être la prise de contrôle du passage d'al-Tanf, qui est utilisé par la coalition internationale comme base pour la coordination des frappes aériennes et l'entraînement de forces locales pour lutter contre Daech.

Le CGRI courtise les tribus syriennes

« Le CGRI a réussi à faire passer dans son camp plusieurs personnalités influentes de la tribu al-Bakara, l'une des plus grandes tribus arabes de la région syrienne de Badiya », a rapporté Riyad Shahoud, un officier de l'Armée syrienne libre (ASL) opérant dans la région d'Usud al-Sharqiyah.

Le CGRI a notamment persuadé le chef tribal d'al-Bakara, Cheikh Nawaf al-Bashir, de quitter l'opposition syrienne, a-t-il déclaré.

Mais cela a semé la division dans la tribu al-Bakara.

« Bien que Nawaf al-Bashir soit le chef de la tribu al-Bakara, il ne dispose actuellement pas du soutien des membres, anciens et cheikhs, de la tribu », a fait savoir à Diyaruna Ahmed al-Salem, membre de la tribu.

Beaucoup des membres influents de la tribu sont des commandants dans l'ASL, qui refusent d'être affiliés au régime ou à l'Iran, a-t-il expliqué.

« Le chemin qu'il a pris ne correspond pas du tout à celui de la tribu », a déclaré al-Salem, suggérant qu'al-Bashir a abusé de sa position pour donner l'illusion que la tribu soutient la nouvelle milice appuyée par l'Iran.

« Les efforts visant à dissuader Nawaf al-Bashir de mener à bien son plan semblent avoir échoué, mais le destituer de sa position de chef de la tribu nécessite de nombreux accords et une assemblée générale de tous les cheikhs et anciens de la tribu », a-t-il expliqué.

La réponse actuelle dans la tribu a été de décourager les membres de rejoindre la nouvelle milice, a-t-il rapporté, soulignant que jusqu'à présent, seul un faible nombre de membres avaient répondu à l'appel à rejoindre al-Bashir.

Si al-Bashir, décrit dans les médias locaux comme un « opportuniste », avait obtenu la bénédiction de toute la tribu, le nombre de ceux qui auraient rejoint la nouvelle milice aurait vraiment fait la différence sur le terrain, a-t-il ajouté.

Recrutement de membres des tribus de Badiya

Après la mort de son père en 1980, al-Bashir a pris la tête de la tribu al-Bakara, a raconté le journaliste syrien Ahmed al-Abdoullah à Diyaruna.

Ancien membre du parlement syrien, al-Bashir s'est ensuite « fait connaître par sa forte opposition au régime » et a signé la Déclaration de Damas en 2005, publiée par des personnalités majeures de l'opposition critiquant le régime syrien.

Al-Bashir a été l'un des premiers leaders tribaux à annoncer son soutien à la révolution de 2011, et est passé du côté de l'opposition soutenue par la Turquie en 2012.

Il est allé vivre en Turquie parce qu'il était recherché par le régime, et y est resté jusqu'en début 2017, où il a annoncé son retour en Syrie et son soutien renouvelé envers le régime.

Selon al-Abdoullah, al-Bashir exploite son statut de chef tribal pour négocier avec toutes les tribus de Badiya et pour tenter de les influencer.

Cette année, al-Bashir a recruté des centaines de jeunes pour des milices appuyées par l'Iran et combattant au côté du régime syrien, à commencer par la brigade Imam al-Baqir, dirigée par Omar al-Hussein, alias « al-Haj Baqir », lui aussi membre de la tribu.

Cette force a participé à plusieurs batailles au début de l'année dans les zones rurales des provinces d'Homs et d'al-Raqqa, a fait savoir Shahoud, officier de l'ASL.

Plus récemment, elle a participé aux batailles en cours dans la région de Badiya, où elle a affronté Jaish Maghawir al-Thawra, un groupe affilié à l'ASL, et aux batailles dans la zone d'al-Hammad à Badiya.

Ces batailles ont eu lieu sur les axes de Bir al-Qasab, Bir Mahroutha, Dakwa et Oum Ramam, a indiqué Shahoud, ajoutant que la milice a été chargée de sécuriser l'autoroute entre Damas et Bagdad.

Cette voie stratégique traverse la zone des trois frontières près du passage d'al-Tanf.

La brigade Imam al-Baqir et d'autres unités soutenues par l'Iran combattant dans la zone reçoivent leurs ordres directement du commandement du CGRI pour Badiya, appelé Mazraat al-Emirati en référence à la zone où il est situé, a-t-il précisé.

Mobilisation tribale syrienne

Selon Shahoud, plusieurs sources tribales fiables ont confirmé qu'al-Bashir avait lancé une nouvelle « mobilisation tribale syrienne » à al-Hasakeh, en présence d'un grand nombre d'anciens de tribus des régions de Badiya et d'al-Hasakeh.

Cette force, communément appelée al-Hashd, est semblable aux Forces de mobilisation populaire (FMP) irakiennes, qui sont dominées par des milices soutenues par l'Iran.

« La période qui suit verra la fusion d'autres factions armées avec la nouvelle milice », a déclaré Shahoud.

Des négociations sont en cours avec Suqour al-Sahraa, une milice tribale favorable au régime, financée par Ayman Jaber et rattachée au 5e corps de l'armée syrienne mais ayant maintenu son indépendance financière et tribale, a-t-il déclaré.

Le commandant de la brigade Al-Baqir devra servir en tant que responsable militaire sur le terrain chargé de la mobilisation tribale syrienne, a fait savoir Shahoud, ajoutant que des préparatifs sont en cours pour assigner d'autres personnalités importantes à des rôles de commandement.

Parmi celles-ci se trouve Hamza al-Hassan, aussi appelé « Abou al-Abbas », servant actuellement en tant que commandant des forces spéciales de la brigade al-Baqir.

« Des officiers du CRI supervisent directement les camps d'entraînement établis pour les membres des tribus et qui sont concentrés à al-Hasakeh » et dans le désert près de Palmyre, a rapporté à Diyaruna Ammar Saleh, activiste dans les médias à al-Hasakeh.

Dans les camps d'entraînement, qui comprennent la Brigade 156, la Ceinture de sécurité et Jabal Kawkab, la coordination avec le CGRI se fait à travers Ali Hawas al-Khaleef, membre de la tribu al-Tai proche de Nawaf al-Bashir, a-t-il fait savoir.

Depuis que le régime syrien a remis le contrôle de la base aérienne d'al-Seen au CGRI, les opérations d'armement et d'entraînement se sont accélérées, a déclaré Saleh, et le mouvement des officiers du CGRI a été observé de façon plus régulière.

Saleh a indiqué qu'al-Hashd est sous un commandement partagé, Nawaf al-Bashir servant de leader politique, et al-Haj Baqir de leader militaire.

« Ceci a été décidé dans le faubourg sud de Beyrouth sous la supervision et en présence de commandants du Hezbollah libanais et du CGRI », a-t-il précisé.

Se connecter via Twitter Se connecter via Facebook
Aimez-vous cet article?
14
0

0 COMMENTAIRE (S)

Politique Commentaire Captcha