Ramadan dans l'Anbar : prières et rassemblements sociaux


De la nourriture préparée pour un repas de l'iftar d'habitants de Falloujah, qui fêtent le mois sacré sans « l'État islamique ». [Saif Ahmed/Diyaruna]

De la nourriture préparée pour un repas de l'iftar d'habitants de Falloujah, qui fêtent le mois sacré sans « l'État islamique ». [Saif Ahmed/Diyaruna]

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Les coutumes et les traditions du ramadan qui avaient été interdites par « l'État islamique » (Daech) pendant trois ans s'affichent de nouveau dans la province de l'Anbar.

Lorsque Daech contrôlait de vastes secteurs de cette province de l'ouest du pays, il interdisait la prière de taraweeh et l'appel à la prière dans les mosquées, et limitait divers types de rassemblements sociaux.

Outre l'usage qu'il faisait de fausses fatwas pour interdire certaines prières sous prétexte qu'elles étaient hérétiques, Daech avait fait exploser les sépultures d'intellectuels religieux.

Mais depuis l'éviction du groupe de la plus grande partie de la province, les zones libérées et sécurisées de l'Anbar montrent à nouveau des signes de vie, a expliqué à Diyaruna le chef de la police de l'Anbar, le major général Hadi Kassar Erzaij.

Ces régions « voient désormais le retour des coutumes et des traditions que connaissaient les habitants de la province », a-t-il ajouté.

« Les services de sécurité ont assuré la protection de toutes les mosquées durant les prières de taraweeh, après la prière du soir, chaque jour durant le mois de ramadan », a-t-il poursuivi.

Ils ont également renforcé la présence sécuritaire sur les marchés et à proximité des parcs et des jardins publics, pour prévenir toute attaque éventuelle, a-t-il précisé.

« Toutes les mosquées sont ouvertes dans les villes de l'Anbar où sont dites les prières et où sont organisées des sessions de prières de dhikr, duaa et taraweeh », a expliqué Cheikh Hashim al-Jawhani, de la Direction des dotations sunnites.

Elles organisent également des sessions de conseil et de prédication prophétique, qui précèdent traditionnellement les prières de l'après-midi durant le mois de ramadan, a-t-il expliqué à Diyaruna.

« Toutes les traditions du ramadan avaient été interdites [sous Daech], mais aujourd'hui, grâce à la stabilité retrouvée, à la présence des forces irakiennes et à la coopération des habitants de l'Anbar, les déplacements sont sans danger pour les civils », a-t-il ajouté.

L'accès aux mosquées se fait avec des contrôles de sécurité pour les prières de taraweeh uniquement, a-t-il précisé, soulignant que ces prières sont fréquentées par de grands nombres de fidèles.

Activités sociales durant le ramadan

« Les nuits du ramadan sont différentes des autres, car les familles sortent pour aller au parc après avoir rompu le jeûne », a expliqué al-Jawhani.

Elles rendent visite à des proches et rencontrent d'autres familles, a expliqué le combattant tribal de l'Anbar Cheikh Qatari al-Samarmad, du district d'al-Bagdadi, à l'ouest de Ramadi.

« Les cafés, les salles, et toutes les places et les parcs [d'al-Bagdadi] enregistrent une forte fréquentation » après l'iftar, a-t-il ajouté pour Diyaruna.

Des concours de muhaibis ont été instaurés entre des équipes populaires, a-t-il déclaré, « en plus des tournois de football entre districts ».

« Le mois de ramadan a une saveur spéciale », a expliqué à Diyaruna Khalid Abdoullah Mohammadi, un habitant de Falloujah.

« Malgré les heures de jeûne et les fortes températures, les familles vont au marché le matin pour préparer les repas de l'iftar et de suhour », a-t-il ajouté.

« Le mois sacré se caractérise par des choses que l'on ne voit pas les jours ordinaires, y compris le musaharati (le vigile de l'aube), qui arpente les rues et les quartiers résidentiels pour tirer les gens de leur sommeil », a-t-il expliqué.

Selon Mohammadi, les musaharatis étaient auparavant menacés de mort par Daech.

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