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Terrorisme |

Al-Baghdadi s'enfuit de Mossoul, abandonnant ses combattants

Par Khalid al-Taie

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Un quartier lourdement frappé par les bombardements dans l'ouest de Mossoul, où plus de 600 000 civils sont toujours coincés. On pense que le leader de « l'État islamique en Irak et au Levant » Abou Bakr al-Baghdadi a quitté la ville. [Photo fournie par le Centre d'information de Ninive]

Selon des informations, le leader de « l'État islamique en Irak et au Levant » (EIIL) Abou Bakr al-Baghdadi aurait fui Mossoul, laissant ses partisans affronter seuls la fureur des combats, alors que se resserre l'étau autour du groupe dans la ville.

Les forces irakiennes ont lancé l'opération de reprise de l'ouest de Mossoul le 19 février, après avoir repris la rive est de la ville au cours du mois précédent.

Elles ont déjà repris plusieurs districts et quartiers malgré des conditions météo peu favorables et des rues étroites et densément peuplées, qui interdisent l'utilisation des gros véhicules blindés.

Des véhicules appartenant à l'EIIL détruits par les frappes aériennes lors de la libération des villages au nord de Mossoul. [Photo fournie par le ministère irakien de la Défense]

Les habitants de la zone ont indiqué avoir vu un convoi de voitures et de camions se diriger vers l'ouest, vers le vaste désert qui s'étend entre les provinces de Ninive et de l'Anbar, la veille du déclenchement de l'attaque contre la partie ouest de la ville, a déclaré à Diyaruna Abdoulrahman al-Lwaizy, député irakien de Ninive.

Al-Baghdadi « se trouvait peut-être bien sur la rive droite de Mossoul avant le début de l'attaque », a-t-il fait savoir, ajoutant qu'il avait « fui vers le désert pour s'y cacher dans des camps savamment cachés ».

La défaite est proche

Des sources proches des renseignements affirment également qu'al-Baghdadi aurait donné aux membres du conseil de la choura de l'EIIL l'autorisation de quitter Mossoul immédiatement, a-t-il ajouté.

Selon al-Lwaizy, ceux-ci sont chargés de « publier les jugements islamiques et de propager l'idéologie extrémiste du groupe ».

Al-Baghdadi « ne veut absolument pas les sacrifier, car il est convaincu qu'ils seront importants à long terme et que sans eux, le groupe ne pourra pas gagner des partisans ni recruter plus de combattants », a-t-il expliqué.

Cela est une preuve de plus de l'EIIL « voit la fin arriver en tant que groupe combattant et tournera son attention vers la bataille idéologique lors de la phase suivante », a précisé al-Lwaizy.

Une fois le groupe battu militairement, a-t-il ajouté, la bataille devra s'orienter de manière plus agressive vers l'éradication du groupe d'un point de vue idéologique.

Al-Baghdadi a appelé ses partisans « à combattre jusqu'à leur dernier souffle et à être tués ou se suicider », a-t-il poursuivi.

« Cela ne reflète pas tant une directive idéologique ou une motivation morale que la crainte [d'al-Baghdadi] de voir un nombre croissant de ces éléments se faire capturer et livrer des informations sur les déplacements du groupe et ses activités les plus secrètes », a-t-il affirmé.

Al-Baghdadi, qui s'était autoproclamé « calife » de tous les musulmans depuis la Grande mosquée de Mossoul en 2014, n'a publié aucun discours enregistré depuis début novembre, soit deux semaines après le début de la bataille de Mossoul, lorsqu'il avait appelé ses partisans à lutter contre les « non-croyants ».

Le mois dernier, des informations non confirmées parues dans les médias avaient cité des sources locales affirmant qu'il avait envoyé à ses partisans un message écrit, décrit comme un « sermon d'adieu », dans lequel il reconnaissait la défaite de son groupe.

Frustration chez les combattants de l'EIIL

Les combattants de l'EIIL abandonnés à Mossoul ressentent une frustration de plus en plus grande alors que leurs défenses s'effondrent, a rapporté à Diyaruna Ahmed al-Sharifi, expert en stratégie et ancien officier dans l'armée irakienne.

La disparition d'Al-Baghdadi a « augmenté la frustration au sein de ses éléments, qui ne sont plus en mesure de résister », a-t-il expliqué à Diyaruna.

Ces militants « s'interrogent à propos de leur 'calife', de son emplacement et des raisons pour lesquelles il les a abandonnés dans cet enfer, et se demandent pourquoi il n'agit pas comme un chef militaire en luttant plutôt à leurs côtés », a ajouté al-Sharifi, citant des sources locales dans l'ouest de Mossoul.

« De nombreuses questions reflètent la détérioration et le désespoir qu'ils connaissent », a-t-il précisé.

Al-Sharifi n'a pas exclu la possibilité qu'al-Baghdadi ait fui Mossoul vers « un lieu sûr en Syrie ».

Sa fuite ressemble à une « reconnaissance officieuse de la défaite », a estimé pour Diyaruna Hassan Shoubeib al-Sabawi, membre de la commission de sécurité du conseil provincial de Ninive.

« Nombre des combattants locaux qui avaient prêté allégeance à ce terroriste réalisent trop tard que leur chef a déserté et qu'eux seuls vont payer le prix fort », a-t-il ajouté. « Ils ont fait du tort à leurs compatriotes et à leur pays en ayant suivi une idéologie pervertie. »

Al-Baghdadi et ses partisans doivent maintenant affronter le fait « qu'ils ont été jetés dans la poubelle de l'Histoire », a-t-il conclu.

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1 COMMENTAIRE (S)

Politique Commentaire Captcha
سيدمحمد | 2017-03-22

Nous aimerions dire que l'EIIL restera au cœur de la population de Mossoul jusqu'à ce qu'ils trouvent un gouvernement qui travaille pour leur intérêt. Ensuite, ils peuvent changer d'avis et devenir de bons citoyens.

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