Sécurité |
2017-01-10

L'Anbar réintègre d'anciens policiers

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D'anciens policiers de l'Anbar font la queue pour s'enrôler à nouveau suite à une récente grâce qui permet aux agents ayant quitté leur poste de reprendre le service. [Photo fournie par la direction de la police de l'Anbar]
D'anciens policiers de l'Anbar font la queue pour s'enrôler à nouveau suite à une récente grâce qui permet aux agents ayant quitté leur poste de reprendre le service. [Photo fournie par la direction de la police de l'Anbar]

Dans la base militaire d'al-Habbaniya, à l'est de Ramadi, l'ancien policier Moustafa al-Doulaïmi attend avec des centaines d'autres anciens membres de force de sécurité pour compléter les procédures afin de réintégrer la police.

Suite à la grâce du 27 décembre émise par le commandement de la police de l'Anbar, des milliers de policiers qui ont quitté le service après que « l'Etat islamique en Irak et au Levant » (EIIL) ait envahi la province postulent pour reprendre le service.

Al-Doulaïmi a déclaré à Diyaruna que cette décision était « vitale » pour lui et sa famille.

« Grâce à Dieu, cette mesure m'a apporté la joie après beaucoup de problèmes », a-t-il indiqué. « Après que j'ai quitté le travail et que je n'ai plus perçu mon salaire, j'ai vécu avec ma famille dans de mauvaises conditions. »

« Nous avons été déplacés et sans travail », a-t-il ajouté. « J'ai dû vendre tout ce que je possédais pour que l'on puisse se nourrir. »

L'amnistie s'est faite par ordre du ministère de l'Intérieur et du chef de la police de l'Anbar, le général de division Hadi Kassar Erzaij, a fait savoir le brigadier Iyad Ahmed Hamid, chef du comité chargé de faire revenir les membres du commandement de la police d'Anbar au service.

« Elle s'applique à tous les anciens membres de la police de l'Anbar qui ont cessé le travail depuis le 1er janvier 2014, ont vu leur salaire interrompu, et étaient considérés comme manquant à l'appel », a-t-il précisé à Diyaruna.

Immédiatement après l'annonce de la décision, un comité a été formé, sous sa direction, chargé d'enregistrer les noms des personnes concernées par la décision et de vérifier leurs détails dans la base de données du commandement de la police, a expliqué Hamid.

Une fois ce processus accompli, a-t-il poursuivi, elles seront autorisées à reprendre le travail.

Consolider la sécurité et la stabilité

« Le processus d'implémentation du décret se passe sans heurts », a affirmé Hamid.

« Le comité et les forces de sécurité de la base d'al-Habbaniya accomplissent pleinement leur devoir afin de permettre aux policiers concernés de reprendre rapidement le service et de participer aux côtés de leurs confrères à la consolidation de la sécurité et de la stabilité dans toutes les villes de l'Anbar », a-t-il ajouté.

La décision a été prise après plusieurs consultations et réunions organisées par le commandement de la police de l'Anbar et des responsables gouvernementaux, a indiqué à Diyaruna Athal al-Fahdawi, membre du conseil provincial.

« Nous avons fait savoir à plusieurs reprises que cette mesure devait être prise rapidement pour soutenir la stabilité de la province et l'Etat de droit », a-t-il déclaré.

Al-Fahdawi a précisé que l'amnistie indique que la province est principalement avec la population de l'Anbar, et qu'elle mettra fin à leurs souffrances en leur rendant leur travail.

Suite à l'effondrement de la sécurité dans l'Anbar, surtout après que l'EIIL ait envahi Ramadi en avril 2015, a-t-il déclaré, « beaucoup de policiers étaient occupés à protéger les vies de leurs familles contre la menace de mort aux mains des terroristes ».

Beaucoup ont cessé de venir travailler sous ces conditions, a-t-il poursuivi.

Après qu'ils aient trouvé refuge avec leurs familles, ils ont souhaité reprendre le travail, a-t-il indiqué, mais leurs salaires avaient été suspendus et leur service arrêté.

Al-Fahdawi a dit qu'il espérait que tous les policiers congédiés du service et dont aucune violation de sécurité n'a été enregistrée à leur encontre seront réintégrés, afin que la province puisse bénéficier de leurs capacités.

Renforcer les rangs de la police

L'amnistie s'applique à tous les membres des forces de police qui ont quitté le service après l'invasion de l'Anbar par l'EIIL, a fait savoir à Diyaruna Rajeh Barakat al-Aifan, membre du comité de sécurité du conseil provincial.

« Au moins 10 000 anciens membres de la police de toutes les villes de la province, sans exception, devraient bénéficier de [l'amnistie] », a-t-il indiqué.

« Aujourd'hui, la police de l'Anbar comprend 16 000 agents, ce qui n'est pas assez de policiers pour protéger notre province, qui couvre un tiers de la superficie de l'Irak, avec de grands déserts et de longues frontières avec les pays voisins », a-t-il déclaré.

Renvoyer ces anciens policiers à leur tâche permettrait de reconstituer environ 20 bataillons, a-t-il précisé.

Ceux-ci seront déployés dans les postes de police et sur des points de contrôle pour appuyer les efforts de sécurité et pour protéger les vies civiles et les biens, en particulier dans les zones libérées de l'EIIL , a-t-il ajouté.

En plus de renforcer la sécurité, a-t-il conclu, cela aura également un impact majeur sur la vitesse à laquelle l'EIIL est chassé de ses derniers bastions dans l'ouest de l'Anbar.

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