Les tribus de l'Anbar désavouent l'EIIL, et promettent d'aider les forces irakiennes


Un membre des groupes tribaux combattant à côté des forces de sécurité irakiennes prend sa position derrière les sacs à sables pendant des affrontements avec les militants de « l'Etat islamique en Irak et au Levant » au district de Hosh à Ramadi en mars 2015. [Azhar Shallal/AFP]

Un membre des groupes tribaux combattant à côté des forces de sécurité irakiennes prend sa position derrière les sacs à sables pendant des affrontements avec les militants de « l'Etat islamique en Irak et au Levant » au district de Hosh à Ramadi en mars 2015. [Azhar Shallal/AFP]

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Puisque la plus grande partie de l'Anbar a été libérée de « l'Etat islamique en Irak et au Levant » (EIIL) ces derniers mois, les tribus irakiennes dans la province ont repris une position forte contre l'EIIL et tous ceux qui coopèrent avec le groupe terroriste.

Dans un serment renouvelé pour continuer de combattre le terrorisme, les tribus de l'Anbar ont désavoué l'EIIL, disant qu'elles rejetaient toute réconciliation avec les individus recherchés et refusent de pardonner tous ceux qui ont tué des civils ou ciblé les forces irakiennes.

« Toutes les tribus et dignitaires de l'Anbar, ainsi que les chefs tribaux du sud, centre et nord du pays, ont désavoué le groupe terroriste EIIL, ses alliés et tous les terroristes », a annoncé Cheikh Tourki al-Ayed al-Shimmari, chef du conseil tribal de l'Anbar qui participe au combat contre le terrorisme.

Les terroristes n'ont ni tribu ni religion

« Malheureusement, il y a de centaines de membres recherchés de l'EIIL qui sont originaires de certaines zones de l'Anbar, c'est quelque chose que nous ne cachons pas », a confié al-Shimmari. « Mais le terrorisme n'est pas associé à une tribu, religion ou zone depuis que l'EIIL ne reconnaît ni les tribus ni leurs chefs. »

Pour cette raison, les tribus ont décidé de punir quiconque est impliqué avec un groupe terroriste, a-t-il ajouté.

Les chefs de tribus dans l'Anbar ont convenu d'expulser les familles des membres de l'EIIL qui savaient que leurs fils et pères « étaient des terroristes mais n'ont rien fait pas pour le prévenir ou les dénoncer ».

« L'Anbar a été libérée à l'exception de trois districts de l'ouest, qui seront débarrassés du terrorisme pour de bon », a précisé al-Shimmari.

Le 5 janvier, les forces irakiennes ont lancé une offensive pour reprendre les villes d'Anah, Rawa et al-Qaïm dans l'extrême ouest de l'Anbar toujours sous le contrôle de l'EIIL .

« Nous travaillerons avec les forces irakiennes pour protéger l'état de droit et la souveraineté de notre pays dans notre combat et nous interdisons aux criminels de retourner aux zones sûres », a-t-il. « Le terrorisme est arrivé à son terme et il n'y aura pas de place pour une idéologie de meurtre et de destruction».

Sensibiliser sur les dangers de l'EIIL

Le commandant des forces tribales de l'Anbar au nord de Ramadi Cheikh Ghassan al-Ethawi a indiqué que l'Anbar a « énormément souffert » de la terreur de l'EIIL.

« Après qu'une [grande partie de l'Anbar] a été libérée, les tribus ont convenu sur plusieurs points qui sont entrés en vigueur », a-t-il dit à Diyaruna. « Ils comprennent la prévention des membres de l'EIIL à retourner dans l'Anbar et s'assurer qu'aucun étranger ne vienne et vive dans les villages, les zones rurales et autres villes à moins qu'ils ne soient approuvés. »

L'accord entre les tribus de l'Anbar interdit à tous les chefs tribaux de convoquer aux conseils de réconciliations pour les membres de l'EIIL, mener des efforts de médiation entre les membres de l'EIIL et les forces de sécurité, et leur interdit de s'impliquer dans les enquêtes liées au terrorisme, poursuit-il.

L'accord stipule en outre que les tribus aideront les forces de sécurité irakiennes dans leur travail, a-t-il dit.

« Les réunions entre les forces de sécurité et les tribus dans tous les districts administratifs de l'Anbar chercheront à sensibiliser les familles sur les dangers qui peuvent menacer la sécurité de la province », a souligné al-Ethawi. « Les chefs tribaux organiseront aussi de grands rassemblements pour exposer l'idéologie du groupe et ses plans terroristes comme moyen de dissuasion. »

Il a précisé que les maires et dignitaires de chaque tribu surveilleront les maisons et magasins vides dans leurs zones et vérifieront leur propriété « pour s'assurer qu'ils ne sont pas utilisés comme terrain fertile pour le groupe terroriste ».

Les tribus soutiennent les forces irakiennes

Cheikh Jassim Abdoul Mohammadi, un chef tribal, a indiqué que les tribus soutiennent les efforts des forces de sécurité irakiennes pour préserver la sécurité et l'état de droit.

Les tribus soutiennent les forces irakiennes « tout le long du processus puisqu'elles sont au service du peuple irakien », a-t-il précisé à Diyaruna. « Nous rejetons toute forme de discrimination, division et sectarisme que l'EIIL essaie de disséminer. »

« Les tribus de l'Anbar ont identifié les individus recherchés par leurs noms et adresses pour qu'ils ne soient pas autorisés à retourner », dit-il, ajoutant que les terroristes connus seront arrêtés et poursuivis par les forces de sécurité, ainsi les empêchant de se déplacer d'une localité à une autre et cibler les innocents.

De plus, les gens qui se présentent comme des hommes religieux pour promouvoir leur propre agenda personnel ou diffuser la division entre le peuple de l'Irak seront traduits en justice, a-t-il dit.

« Les forces de l'ordre et les tribunaux vont éventuellement poursuivre quiconque prête allégeance à l'EIIL ou sympathisent avec lui, », a-t-il souligné.

L'accord entre les tribus de l'Anbar est clair « quand il s'agit de ceux impliqués avec l'EIIL ou ceux qui l'ont aidé ou lui ont fourni la nourriture ou l'eau », a affirmé Cheikh Mahmoud Khaled al-Dulaimi, l'un des dignitaires tribaux d'al-Dulaim.

« Ces gens, sous la loi tribale, sont recherchés et désavoués », a-t-il ajouté à Diyaruna.

« La province de l'Anbar dans toutes ses villes est connue pour sa nature tribale et religieuse conservatrice », a expliqué al-Dulaim, ajoutant que les tribus ont créé les forces de mobilisation tribales pour combattre l'EIIL.

« Elles ont sacrifié leur fils comme martyrs et certains ont été blessés dans les combats de nettoyage, ainsi nous pourrons jamais faire d'excuse pour ceux qui ont tué et ciblé notre peuple et les forces de sécurité », conclut-il.

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