Terrorisme |
2017-01-03

2016 était le début de la fin pour l'EIIL, affirment les experts

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« L'État islamique en Irak et au Levant » a vu ses capacités décliner en 2016. Les Forces démocratiques syriennes ont lancé une offensive en novembre afin de reprendre au groupe la ville d'al-Raqqa, représentée ici. [Photo fournie par Al-Raqqa est massacrée en silence]
« L'État islamique en Irak et au Levant » a vu ses capacités décliner en 2016. Les Forces démocratiques syriennes ont lancé une offensive en novembre afin de reprendre au groupe la ville d'al-Raqqa, représentée ici. [Photo fournie par Al-Raqqa est massacrée en silence]

L'année dernière a marqué le début de la fin pour « l'État islamique en Irak et au Levant » (EIIL) en Syrie et en Irak, le groupe ayant perdu plusieurs régions qui étaient sous son contrôle et nombre de ses dirigeants, ont indiqué des experts à Diyaruna.

La chute du groupe a été accélérée par le lancement d'opérations visant à reprendre les deux dernières grandes villes sous son contrôle : al-Raqqa en Syrie et Mossoul en Irak.

Le 17 octobre, après deux ans de préparations et d'entraînement intenses, les forces irakiennes conjointes ont lancé une opération pour recapturer Mossoul, et ont depuis repris le contrôle d'une grande portion de l'est de la ville.

Le 5 novembre, les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont donné le départ de la campagne Colère de l'Euphrate afin de reprendre al-Raqqa et son arrière-pays à l'EIIL.

La première phase de l'opération a mené à la libération d'un grand nombre de villages et de fermes dans la campagne aux alentours d'al-Raqqa, et la deuxième, lancée le 10 décembre, est en cours.

Cette opération vise à isoler la ville d'al-Raqqa et à y assiéger l'EIIL.

La coalition internationale fournit une couverture aérienne aux forces irakiennes et aux FDS dans leur lutte contre l'EIIL.

« L'année 2016 a été celle d'intenses frappes aériennes internationales contre l'EIIL », a fait savoir à Diyaruna le major général Wael Abdoul Mouttalib, spécialiste des groupes terroristes et ancien officier de l'armée égyptienne.

En Syrie, le soutien de la coalition aux combattants des FDS au sol les a aidées à libérer Manbij en 2016, et les villes de Kobani et Tel Abyad en 2015.

Le 16 octobre, des factions de l'Armée syrienne libre (ASL) appuyées par la Turquie ont capturé des villages et des villes des mains de l'EIIL au nord d'Alep, parmi lesquels la ville symbolique de Dabiq , dans le cadre de la troisième phase de l'Opération bouclier de l'Euphrate.

Les forces de l'ASL ont aussi repris la ville stratégique de Jarablus le 24 août.

La perte de Manbij et de Jarablus « a privé l'EIIL de sa liberté de mouvement à l'intérieur et à l'extérieur du territoire syrien », a expliqué Abdoul Mouttalib, ajoutant que ces villes avaient servi de couloirs vitaux pour la contrebande de pétrole et de connexions aux autres régions.

En Irak, l'EIIL a subi des pertes aux mains de l'armée irakienne et des forces peshmergas, qui ont repris les villes de Tikrit, Sinjar, Ramadi et Falloujah.

S'attaquer aux sources de financement de l'EIIL

L'année 2016 « a été désastreuse pour l'EIIL en ce qui concerne le financement, car les frappes aériennes de la coalition ont pu couper la plupart des lignes de ravitaillement que le groupe utilisait pour vendre du pétrole et autres matériels volés », a indiqué Nasser al-Assiouty, professeur d'économie internationale à l'université du Caire.

Ainsi, toutes les formes de commerce du groupe ont pris fin, y compris la vente de récoltes agricoles, de coton et d'antiquités, a-t-il expliqué à Diyaruna.

L'EIIL a financé beaucoup de ses activités en faisant passer en contrebande du pétrole brut venu des puits de la région, y compris al-Qayyarah au sud de Mossoul, qui est l'un des plus vieux et des plus grands champs pétrolifères d'Irak.

L'EIIL a été chassé d'al-Qayyarah le 25 août , perdant ainsi sa dernière et sa plus importante région riche en pétrole d'Irak.

« La coalition internationale a aussi pu resserrer l'étau financier et sécuritaire, ce qui a eu pour effet de couper le financement que le groupe recevait de l'étranger », a indiqué al-Assiouty.

La perte de ces fonds a eu un réel impact sur les capacités financières du groupe , l'obligeant à diminuer de moitié le salaire de ses combattants, ont fait savoir des signalements.

Ceci a poussé nombre d'entre eux à fuir en dehors de la Syrie ou de l'Irak, ou vers d'autres régions qui ne sont pas contrôlées par l'EIIL, a-t-il précisé.

« Les motivations financières étaient l'outil le plus efficace du groupe pour attirer de nouvelles recrues, et sans cette arme, le flux de combattants a cessé », a-t-il ajouté.

Perte de commandants de première ligne

En plus de la perte de plusieurs villes et itinéraires de trafic de pétrole stratégiques en 2016, l'EIIL a perdu en permanence des dirigeants de haut rang qui avaient une très grande influence auprès de ses partisans .

« Le groupe a perdu beaucoup de ses commandants de première ligne en 2016, ce qui a causé de graves troubles dans ses rangs et a mené à des désertions de masses et individuelles sur plusieurs fronts », a rapporté Mohammed al-Abdoullah, journaliste syrien vivant au Caire.

Des éléments de l'EIIL ont également commencé à passer au Front al-Nosra (FAN), ancien affilié d'al-Qaïda désormais appelé Front Fatah al-Cham, a-t-il indiqué à Diyaruna.

Les leaders supérieurs pris pour cible par la coalition incluent le porte-parole de l'EIIL Abou Mohamed al-Adnani, dont le vrai nom était Taha Sobhi Falaha, tué le 30 août lors d'une frappe aérienne dans le nord de la Syrie, a confirmé le Pentagone le 12 septembre.

Al-Adnani était « commandant en second après le chef du groupe, Abou Bakr al-Baghdadi », a précisé al-Abdoullah.

En juillet, le groupe a confirmé la mort du haut commandant Abou Omar al-Shishani, de son vrai nom Tarkhan Batirashvili, dans la ville irakienne d'al-Sharqat. Al-Shishani se déplaçait fréquemment entre l'Irak et la Syrie.

Une frappe aérienne de la coalition en novembre sur al-Raqqa a également tué le Tunisien Boubaker al-Hakim, « un personnage important fortement impliqué historiquement et récemment dans la facilitation et les opérations externes » pour l'EIIL, a indiqué le Pentagone dans un communiqué publié le 10 décembre.

Le « ministre de l'Information » de l'EIIL, Wael al-Fayad, aussi appelé Abou Mohammad al-Furqan, a trouvé la mort le 7 septembre dans une frappe de précision près d'al-Raqqa, a fait savoir al-Abdoullah. De même, Sami Mohammed al-Jouboury, le membre du groupe chargé des opérations pétrolières, a été tué en août à al-Qaïm, près de la frontière entre l'Irak et la Syrie.

Dans la campagne d'Alep, près du barrage de Tishrin, les forces kurdes ont réussi « à tuer l'émir de l'EIIL Abou Firas Safrani » en juillet, a-t-il ajouté.

Une frappe en novembre dans la campagne d'al-Raqqa a coûté la vie à Abou Mohammed al-Banyasi, chargé des voitures piégées, tandis que les FDS ont tué Ossama al-Tounissi, émir de l'EIIL, lors de l'offensive de juin sur Manbij, a rapporté al-Abdoullah.

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